16.04.2012
Légal, mais indécent
C’est ainsi que je qualifie l’arrestation à laquelle j’ai assisté vendredi 23 mars à 10h35 sur le Pont de l’Ile Rousseau. Un panier à salade stationné au milieu du pont, et 4 gendarmes,3 hommes et une femme, en tenue sécurisée, qui s’activent. Séance de fouille au corps minutieuse « pour vérifier que la personne ne possède pas un instrument qui pourrait la blesser ou blesser d’autres personnes » dixit le gendarme-jambes-écartées à mon intention. Et après la fouille par la dame gendarme, les menottes étincelantes sont sorties et passées à la personne aussitôt embarquée. Tout ceci se déroule en quelques minutes sous mes yeux.
L’objet de toute cette attention ? une dame, mendiante, Rom, assise près du parapet du pont, une habituée des lieux que je croise fréquemment. Elle n’a opposée aucune résistance, résignée.
Cette scène s’est déroulée de façon courtoise, quasi silencieuse. « On applique la loi et nous ne sommes que le bras armé des politiques… », re-dixit le gendarme-bras -croisés à mon intention.
Légale, donc cette intervention, mais indécente. Indécente par les moyens humains et matériels mis en œuvre pour son exécution. Était-il nécessaire en effet de passer par ce mécanisme complet de démonstration de force pour procéder à l’arrestation d’une femme, de toute évidence dangereuse ni pour elle-même, ni pour nos solides gendarmes ? Indécente, parce que l’on est en droit de se poser la question de la priorité d’une telle intervention parmi les autres « défis » qui sollicitent la gendarmerie quotidiennement. Indécente enfin, parce que se déroulant dans une ville canton qui tire profit de son internationalité. Genève se veut une image décente, « propre en ordre », respectable somme toute. L’arrestation, je devrais dire « l’effacement », momentané, d’une Rom dans le paysage de l’ìle Rousseau a servi l’objectif de la respectabilité. Rassurante, elle n’en demeure pas moins une réponse tronquée, voire honteusement mécanique et de court terme. On ne peut sans contenter. Le développement de Genève, son intégration au monde, nécessite une réponse globale et inclusive sur l’origine de notre richesse autant que sur les causes de la pauvreté. Un débat infiniment plus dérangeant que la vue d’une mendiante sur le pont de l’Ile Rousseau un jour ensoleillé de printemps….
18.03.2012
L'eau cotée en bourse
Et c’est là bien là le paradoxe : L’eau est à la fois source de vie et de performance, un droit fondamental et une marchandise comme une autre…
Après Marseille qui a vu les représentants de quelques 120 états s’engager à accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement, c’est au tour de Genève , haut lieu des droits de l’homme , d’en débattre.
Les enjeux sont majeurs, entre tenants d’une gestion publique de l’eau, dont la Suisse est le modèle performant, et les partisans de la complémentarité des partenariats privé /public.
Les faits sont là, têtus : Près de 1 milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable et plus de 2,6 milliards de personnes ne disposent pas d’installations sanitaires dignes de ce nom. Encore faudrait- il inclure les millions de personnes vivant dans des informels et échappant à toute statistique. Si des progrès ont pu être observés dans les zones rurales, la situation dans les villes a peu évolué alors que le mouvement global d'urbanisation se poursuit. Les causes de cette situation sont à rechercher dans la pauvreté et les inégalités exacerbées par les défis sociaux et environnementaux comme l’exclusion dont font l’objet les plus pauvres ou encore le changement climatique.
Les relations entre le secteur public et le secteur privé sont aussi centrales : alors que nombre d’états du sud semblent renoncer à leur droit régalien sur l’eau, on assiste au phénomène inverse en France notamment où plusieurs municipalités, dont Toulouse et Paris, se sont réappropriées la gestion des eaux.
Toutes ces questions seront abordées et bien d’autres encore dans 2 tables rondes publiques par des experts, académiques, praticiens, représentants des collectivités publiques , élus et opérateurs privés .
Quand et où ? : mardi 20 mars à 19h UNIMAIL MR070 et mercredi 21 mars à 20h UNIMAIL, MR060 Eau.SWG.pdf
19:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16.10.2011
Et si on parlait "éthique"?
Le 16 octobre est la journée mondiale de l'Alimentation. Occasion de se rappeler que près d'un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim en ce début du 21ème siècle. C'est tout simplement scandaleux ! Surtout lorsque l'on sait qu'il n'y a pas de pénurie d'aliments, mais qu'une inéquitable répartition de ces ressources. En cause : les politiques agricoles, l'accaparement des terres en Asie, Afrique et Amérique latine, la course aux agro-carburants et la spéculation sur les denrées alimentaires.
La dramatique situation de 2008 n'a pas suffi et la spéculation sur les denrées alimentaires est repartie de plus belle en 2011. Alors que la Corne de l'Afrique subit de plein fouet les conséquences de son déficit de production et des lois du commerce international, il y a lieu de se poser la question de l'éthique de telles pratiques : Est-il moral de considérer les denrées alimentaires comme de simples produits spéculatifs, une marchandise comme une autre ? Est- il juste de stocker ces produits de première nécessité, voire de stopper l'approvisionnement du marché en période de pénurie, en attendant le moment favorable pour la vente ? La soif du lucre justifie-t-elle l'indifférence totale aux milliers d'êtres humains en situation de malnutrition ? La réponse est évidemment non.
« L'arrivée récente d'investisseurs institutionnels sur les marchés à terme des produits alimentaires et les sommes d'argent considérables qui sont en jeu pourraient également être des facteurs d'instabilité », nous dit, pudiquement, Jacques Diouf, le directeur de la FAO. Il serait temps que la Suisse et Genève, qui abrite un tiers du négoce mondial des céréales et oléagineux, s'engagent fermement en faveur de la régulation des pratiques inéquitables des entreprises de négoce et de la transparence des échanges, dont la grande majorité des opérations se déroulent dans une totale opacité. On ne peut à la fois se parer de la vertu du commerce équitable pour les pays du Sud et ignorer les pratiques iniques menées sur son propre territoire.
20:25 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10.07.2011
Une Suisse transparente, mais si peu vertueuse....
En tout cas, en matière d'exportations d'armes légères et de petit calibre. Le tout récent rapport « Small Arms Survey 2011 », du programme de recherche indépendant basé à Genève, se révèle une mine (sic) d'informations sur le sujet. On y découvre une Suisse à la fois au top du Baromètre de la transparence d'informations et au 5ème rang des principaux pays exportateurs, après les USA, l'Italie, l'Allemagne et le Brésil. Le ticket d'entrée pour appartenir à ce cercle ? des exportations annuelles totalisant au moins 100 millions USD !. Pas de quoi pavoiser, donc, d'autant que la compensation entre les deux performances n'est pas possible...
D'autres informations du Rapport devraient aussi interroger les politiques quand on lit que plus de 20 millions de personnes travaillent dans le monde pour une compagnie de sécurité, soit près du double des effectifs de police... Et la Suisse ? en 2009, pour 16.000 personnel de police, elle employait quelques13.075 personnel de compagnies privées, soit un ratio de 0,82%. Sans être dans le viseur (re-sic), elle devrait quand même se poser quelques questions sur la signification de ces chiffres. Sur les coûts financier, humain et social de cette privatisation de la force publique et la nécessité d'une règlementation rapide des entreprises de sécurité privées établies sur le territoire suisse. ( Voir aussi : www.smallarmssurvey.org.)
16:58 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
19.05.2011
Chili-Genève
« Les travaux que la Constituante mène actuellement à Genève sont impensables au Chili, aussi bien en ce qui concerne la représentativité de votre assemblée, que la liberté et la portée des débats ». Ces termes sont de l'avocat chilien, Robert Garreton et de ses collègues, venus rencontrer quelques membres de la Constituante, lors d'un séjour récent à Genève. Défenseur des droits de l'homme sous le régime de Pinochet, Roberto Garreton a été par ailleurs le premier ambassadeur du Chili aux Nations Unies entre 1990 et 1994, puis rapporteur spécial des Nations Unies sur la République démocratique du Congo, et occupe encore de hautes fonctions au Nations unies. Son parcours a été bâti sur des convictions profondes et une rigueur sans faille au service de la défense des droits humains.
Pour mémoire, le Chili est encore doté de la Constitution dictée par Pinochet en 1981 qui, même si elle a subi quelques amendements depuis 1990, n'en contient pas moins des normes anti-démocratiques. Ainsi l'institution du système « binominal » exclut d'entrée toute représentation minoritaire. Autre exemple, les conditions posées pour permettre la révision de la Constitution sont telles qu'elles empêchent de facto toute révision.... « Une constitution verrouillée » nous diront nos visiteurs. Un Mouvement pour une Assemblée Constituante s'est créé au Chili porté par des personnalités fortes comme Garreton, soucieux de donner à leur pays une charte démocratique, permettant une réelle participation citoyenne et politique. L'enjeu est majeur. Car malgré les écueils à première vue insurmontables, Garreton et les siens sont convaincus que seule la refonte de la Constitution, « dont l'origine est illégitime » permettra d'asseoir la démocratie.
Une sacrée leçon de sagesse et de ténacité pour les constituants présents, encore plus convaincus, en entendant la description des conditions chiliennes, du privilège et de la responsabilité qui sont les leurs. Alors qu'au Chili, la conscience de « l'état de nécessité » préside à la démarche de Roberto Garreton en faveur d'une révision de la Constitution, à Genève, un avant-projet et quelques empoignades plus loin, c'est désormais la conscience de «l'état d'urgence » qui prévaut parmi les membres de la Constituante genevoise...
15:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.05.2011
L’exécution de Ben Laden prémonitoire de celle de Kadhafi ?
La raison d'Etat a ses raisons que la justice ne connaît pas. Empêtré dans ses explications, le gouvernement américain reconnaît que Ben Laden n'était pas armé. Il a donc été exécuté. Pas de procès donc pas de questions et encore moins de révélations.
L'Histoire retiendra le succès de l'opération « Ben Laden: mort ou vif » et occultera les 10 ans de traque, les violations perpétrées et les conflits déclenchés en son nom, les milliers de morts, victimes collatérales de cette chasse à l'homme. La planète de 2011 se retrouve à la fois délestée d'un criminel et déséquilibrée par ce qui a provoqué sa perte.
Pendant ce temps, la guerre internationale se poursuit en Libye. Devant l'enlisement, prévisible, de cette guerre à distance, les stratèges otanesques passent à la vitesse supérieure, bien conscients que le succès d'une opération militaire nécessite des troupes au sol, bien entraînées et armées. Tandis que les frappes aériennes « ciblées » se poursuivent contre Kadhafi et ses proches, la Cour Pénale internationale lance quasi simultanément des mandats d'arrêt contre ces mêmes personnes....Difficile dans ces conditions de savoir quel objectif poursuit, si tant est qu'elle existe, la « communauté internationale ». Entre l'impératif de justice et la raison d'Etat, il est à craindre que la seconde ne l'emporte, avec effet immédiat, félicitations d'usage et malaise amplement partagé.
16:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.04.2011
Fukushima sur Léman ?
Le désastre de Fukushima a démontré une fois encore l'impréparation humaine face aux risques naturels et ce, en dépit des technologies sophistiquées mises en place. Le nucléaire est une énergie très dangereuse et il est temps d'en sortir. Voici un extrait de la proposition que Thomas Büchi (Radical ouverture) et moi-même (Verts Associatifs) avons déposé hier à l'Assemblée constituante
Après la catastrophe de Tschernobyl en avril 1986, la Suisse et Genève se sont inquiétées des graves conséquences que notre pays aurait à subir en cas de contamination radioactive.
Le peuple suisse, inquiet, a voté en 1990, un moratoire de 10 ans empêchant la construction de toute nouvelle centrale. Entre temps, l'actualité s'est focalisée ailleurs, le danger a été quelque peu oublié et en 2003, le moratoire a malheureusement été levé par les citoyens helvétiques.
La Suisse n'est pas à l'abri de catastrophes naturelles : inondations, tremblements de terre dont les conséquences peuvent être fatales et irrémédiables si surgissent des problèmes de refroidissement ou de panne mécanique ou électronique sortant des schémas prévus. La présence de centrales nucléaires vieillissantes en Suisse et au voisinage de la Suisse (telle que Fessenheim, située sur une faille sismique), constitue une menace permanente qui pèse sur nos épaules pour des milliers d'années, ce qui est infiniment supérieur, en terme de durée, aux quarante années de production d'électricité planifiée pour une centrale.
On nous rabâche comme une bonne leçon apprise par cœur, que l'énergie nucléaire est la plus économique et la « plus propre ». C'est une escroquerie, d'autant plus grave que l'on n'a jamais pris en compte dans le calcul, les coûts environnementaux et humains liés à la chaîne nucléaire, de l'extraction de l'uranium au démantèlement des centrales, en passant par le contrôle des centrales désaffectées et de la gestion des déchets hautement radioactifs pour plusieurs milliers d'années. Certains de ces déchets sont mortels pour tout organisme vivant pour plus de 200000 ans. Ce qui signifie que le risque, dans la durée, est 5000 fois plus élevé que le temps de production ! C'est tout simplement criminel et irresponsable !
Un accident grave au niveau suisse ou dans les pays européens proches signifie purement et simplement la ruine de notre pays et la fin de tout développement. Pour des siècles.
Nous refusons de continuer à courir de tels risques pour nous-mêmes et nos enfants. Genève doit montrer l'exemple en tant que carrefour des droits humains.
Une solution alternative à l'énergie nucléaire existe, basée sur l'efficacité et la sobriété énergétiques et le recours aux énergies renouvelables.
Le potentiel d'économie représente près d'un tiers de l'électricité consommée, notamment par des mesures telles que le remplacement des ampoules à incandescence par des LED (10 % de la consommation). Les appareils électriques en stand by qui consomment 15 % de la consommation d'électricité du pays doivent être remplacés par des appareils du type A. Les chauffages électriques doivent être interdits immédiatement, puisqu'ils représentent 12 à 45 % de la consommation nationale. Couplées avec des mesures incitatives et des obligations réglementaires, ces propositions d'économie constitueront, à court et moyen terme, une très bonne affaire pour le consommateur et pour l'industrie.
Genève vient de se distinguer des autres cantons par l'introduction dans l'avant projet de Constitution d'un article ré-ouvrant le champ nucléaire et renversant le fardeau de la preuve. C'était avant Fukushima. Certains tenants de cette proposition arguent aujourd'hui du manque de recul et de la nécessité d'analyser ce qui s'est passé à Fukushima pour justifier encore le maintien d'un tel article...
Afin de marquer notre détermination à l'encontre d'une telle position et contribuer concrètement à la dénucléarisation de notre planète, nous proposons que les principes de l'article 160E de la Constitution actuelle soient réintroduits dans la nouvelle ConstitutionArt160E.doc.
11:11 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.03.2011
Libye : l’action immédiate, ennemie de la démocratie
Depuis quand la guerre contribue-t-elle à l’instauration de la démocratie ? Ce qui se passe en Libye est parlant. A l’émotion, légitime, provoquée par les attaques gouvernementales sur la population libyenne, la communauté internationale répond par un acte de guerre. « Une très bonne première journée !! », pérore la France, après les bombardements qu’elle a menés. Un comble ! Comment peut-on se gargariser d’avoir tué des êtres humains ??? La population libyenne est désormais l’objet d’un conflit international avec les risques y relatifs: polarisation des positions, voire conflits entre tribus, enlisement, guérilla urbaine, instrumentalisation de la population civile (utilisée comme boucliers humains, affamée…), entrée en guerre d’autres parties extérieures etc…
« Il fallait agir », nous dit-on. Je ne m’étendrai pas sur les raisons de la décision du Conseil de sécurité- que l’on peut imaginer téléguidée par les énormes enjeux énergétiques libyens. Je me demande si le recours aux instruments existants (négociations, pressions, embargos) a été vraiment envisagé et épuisé avant le recours à la force ? Je me demande si ces instruments n’auraient pas été susceptibles de produire plus de résultats avec moins de pertes humaines ? Je me demande simplement si la volonté d’action et de puissance des états ne finit pas par occulter le fait que la démocratie se conquière et ne s’impose pas. Je me demande enfin si les démonstrations guerrières de la coalition ne vont pas constituer un handicap majeur pour le processus de démocratisation en Libye ??
27.01.2011
Constitution du Niger: une source d’inspiration pour Genève…..
A priori , quoi de commun entre un pays jugé l’un des « plus pauvres » au monde et Genève, place financière opulente ? Je vous le donne en mille : une Constitution ! Fin octobre 2010, le Niger adoptait par plus de 90% des 53% de votants sa nouvelle Constitution. Un processus de concertation avec les partis politiques et les autres acteurs de la scène socio-politique, une société civile (syndicats, associations, étudiants, ONGs) en première ligne, une volonté majoritaire d’ouverture et de transparence en ont été les principaux ingrédients .
Au final, un texte fondamental de 185 articles que ne renierait pas notre si vieille démocratie. J’y relève l’inscription de normes fondamentales comme le droit à l’alimentation ou à l’information , le droit des personnes âgées ou droit à l’égalité des chances des personnes handicapées, mais aussi la clarification de la séparation des pouvoirs et le renforcement des institutions.
Les défis environnementaux sont abordés de front. J’y note le droit de toute personne à un environnement sain et l’obligation pour l’Etat de protéger l’environnement dans l’intérêt des générations présentes et futures avec en corollaire, l’obligation de chacun de contribuer à la sauvegarde et à l’amélioration de l’environnement dans lequel il vit. La souveraineté alimentaire est introduite dans la Constitution.
Plus remarquable encore, sont inscrites des dispositions proclamant le droit et la souveraineté de l’Etat sur les ressources naturelles, la transparence de l’exploitation et de la gestion des ressources naturelles et du sous-sol, avec en clef de voûte, la publication intégrale dans le Journal Officiel des contrats de prospection et d’exploitation. Enfin, les recettes réalisées sur ces ressources seront réparties entre l’Etat et les budgets des collectivités territoriales, avec priorité accordée aux investissements dans l’agriculture, l’élevage, la santé, l’éducation et la création d’un fonds pour les générations futures.
Assortie d’une série d’articles sur l’acquisition, la manipulation et l’évacuation des déchets toxiques, la Constitution représente une sérieuse mise en garde à l’encontre d’AREVA et d’autres multinationales qui ont joui jusqu’ici d’une totale impunité.
J’étais au Niger à mi décembre dans le cadre d’un projet de Swissaid Genève et j’ai pu constater que les affirmations affichées dans la Constitution donnent d’ores et déjà lieu à une mobilisation de la société civile et de la population nigérienne qui ne veut pas d’une confiscation des droits et libertés acquis. On me rétorquera que les vœux pieux n’ont jamais nui à la démocratie, ni mangé de pain. N’en déplaise aux sceptiques de tout poil, le Niger a su trouver le chemin du consensus entre diverses visions de société pour parvenir à un texte fort, porteur d’avenir et dont on aurait tort de ne pas s’inspirer à Genève !
15:11 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.10.2010
Communes genevoises: se regrouper ou végéter
Genève a un défi à relever: redonner du sens et de la pertinence à la proximité et à la vie communale.
Le constat est clair : les communes genevoises sont en train de perdre de leur substance, non seulement en raison de leurs compétences limitées et de leur difficulté à motiver leurs élus, mais également – et c’est le plus décisif – parce que la proximité ne se réduit plus au territoire communal en raison de l’explosion de la mobilité dans le canton. Il est ainsi devenu rarissime de se loger, de travailler, d’étudier ou de se divertir dans la même commune. L’exiguïté du canton, avec ses 280 km2, y est évidemment pour quelque chose.
10:28 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



