16/08/2008

GENEVE CONTRE NATURE...

« ... Les bords de l'Inde doivent être plus fertiles que ceux du lac Léman. Vous devez avoir des ananas, et je n'ai que des pêches; mais il faut que chacun fasse son propre bonheur dans le climat où le ciel l'a placé » Voltaire, lettre à M. Pilavoine du 25 septembre (1758)


Et si l'on parlait du climat actuel ? L'initiative « De l'espace pour l'homme et la nature », forte de plus de 110.000 signatures, vient d'être déposée à Berne alors que je sors de la passionnante exposition du Musée d'Histoire Naturelle : « Genève contre nature ». L'histoire du Rhône, de l'Allondon, de l'Aire y est retracée. On y observe les multiples contraintes imposées par l'être humain sur les cours d'eau pour en maîtriser les flux et en tirer les bénéfices: barrage, digues, assainissement. On y lit en parallèle la disparition des nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes, de poissons. Les roselières du Rhône, qui constituent un élément essentiel pour la reproduction des espèces, ne sont plus qu'un lointain souvenir. L'Aire est domestiquée, voire bétonnée: où sont passées les truites ? On retient en même temps les manifestations de protestation: les pêcheurs de « La London » (sic) s'opposent avec succès à un projet de conduites forcées (les bien nommées !); les « anti-nucléaires » auront gain de cause à Verbois. Et on se réjouit enfin des travaux d'aménagement des teppes le long du Rhône et de re-naturation de l'Aire, qui permettront un jour peut-être aux habitants des Acacias de taquiner le goujon. Il est permis de rêver. On y parle aussi de la Rade, mais ceci est une autre histoire...

A la veille de la Constituante, cette exposition tombe à pic. L'importance d'un aménagement « ménagé » et d'un usage mesuré du territoire, le nécessaire équilibre entre les besoins de la population et la préservation de la nature, l'interdépendance des communautés (voire la relation quasi symbiotique entre Genève et la France « voisine ») sont autant de rappels essentiels des principes qui devront guider les débats des élus-es.

L'initiative « De l'espace pour l'homme et la nature » ne dit pas autre chose qui demande que la Confédération et les cantons veillent à l'utilisation judicieuse et mesurée du sol, à la séparation entre le territoire constructible et le territoire non constructible et à la protection des terres cultivables. Penser global, agir local.

 

Commentaires

Penser global, oui, mais ensemble. Car tenir compte de la France voisine, c'est, je crois, lui demander son avis. Sinon, avoir une idée sur le monde en général, ce n'est pas le plus difficile. Le plus difficile, c'est justement de parvenir à synthétiser des intérêts qui peuvent s'avérer contradictoires. Or, on ne peut pas ignorer que cela demande forcément des sacrifices.

Écrit par : R.M. | 17/08/2008

Non mais ça va pas ou bien? Vous pensez à vos pâquerettes, mais pendant c'temps ma p'tite dame, y'a des gens qui travaillent pour la croissance économique de cette région!?! Et ben ces gens-là, ils créent de l'emploi et des richesses, et vos truites, jusqu'à nouvel ordre, elles ne créent pas de richesses! Avec des gens comme vous on en serait encore à l'âge des cavernes, ou on s'éclairerait avec des bougies! Khmer verte! Extrémiste! Pygmée! Cryptomarxiste! Allez vivre en Corée du Nord, vous verrez si la nature n'y est pas protégée!

(Bienvenue sur les blogs de la Tdg, voilà un petit aperçu de ce qui vous attend ici! ...vous aurez été prévenue...)

Écrit par : Sandro Minimo | 18/08/2008

Pauvre Monsieur Minimo,

Cela vous choque-t-il tant que des personnes soient d'un autre avis que vous?

Écrit par : Romeo | 19/08/2008

Les commentaires sont fermés.