24/09/2008

Augmentation de l'aide au développement. Et Genève ?

Je suis heureuse d'apprendre que le Conseil des Etats s'est prononcé en faveur d'une augmentation de l'aide au développement proposant de passer à 0,5 % du revenu national brut (RNB) d'ici 2015.  On est certes loin des 0,7 % auxquels la Suisse s'est engagée et que 200.000 personnes ont réclamés par pétition en mai 2008. N'empêche que le signal donné par nos sénateurs est important, qui va plus loin que le National d'autant plus que le Conseil National s'était prononcé en juin contre une augmentation de cette aide, à 11 voix près, il est vrai, et que le Conseil fédéral soit même ne semblait pas très chaud. Qu'on se rappelle: la Suisse avait même vu en 2006  son aide au développement reculer à 0,39 %, soit passer en dessous de la barre fatidique de 0,4% !

Mais au fait qu'en est-il à Genève ? Genève est, je crois, le seul canton à avoir adopté une loi demandant au gouvernement de consacrer au moins 0,7% de son budget annuel de fonctionnement à la solidarité internationale. En fait, on est encore loin du compte avec quelques 0,21 % de son budget octroyé à l'aide au développement, si l'on en croit les informations de la FGC publiées en 2005. Je note cependant que certaines communes vont au-delà des 0,7% et contribuent ainsi à relever la moyenne cantonale. Parmi elles, des communes "riches" (Cologny par ex), mais aussi des communes avec une forte communauté étrangère et qui ont développé au cours des années une véritable politique de solidarité (Meyrin).

Tout de même intéressant aussi de constater que lors des dernières élections fédérales, 98 % des candidats genevois au Conseil National avaient plébiscité le 0,7 %. La population genevoise n'est pas en reste qui, selon un sondage, est pour les ¾ d'entre elle, favorable à une augmentation de l'aide.

Les Verts souhaitent un renforcement de l'engagement de Genève en faveur de la solidarité internationale et plaident pour consacrer un minimum de 0,7 % de son budget de fonctionnement à la coopération et à l'aide humanitaire.

Voir aussi le programme des Verts: www.verts-ge.ch

Commentaires

Il n'est pas sûr qu'il faille toujours augmenter le budget dans le domaine de la ccopération internationale; peut-être faudrait-il mieux le redistribuer...

Bien sûr, vous me direz que dans notre pays, on croit toujours tout résoudre avec l'argent mais il reste tout de même des inconnues, pas toujours quantifiables, à la non-réalisation de certains projets ainsi qu'au maintien de la pauvreté dans les états bénéficiaires.

Sinon : garantissons l'esprit de Genève, de ses Conventions !

Écrit par : Micheline Pace | 24/09/2008

Il est vrai que le développement humain ne se mesure pas en terme de biens matériels et de performances économiques. L'objectif de l'aide au développement est de permettre que les personnes, groupes sociaux, associations... des pays soutenus deviennent des acteurs. D'où l'importance de contribuer à la réalisation de cet objectif, notamment en promouvant la démocratie, la formation, la santé etc...

Les Conventions de Genève s'appliquent en cas de conflit, alors autant travailler en amont, pour prévenir les conflits, notamment par une aide adéquate au développement, et éviter de devoir se référer aux Conventions.

Écrit par : Contat Hickel Marguerite | 24/09/2008

Merci Marguerite pour toutes tes contributions qui sauront s'exprimer bientôt au sein de l'assemblée des contituants, j'en suis sûr.

Je ne vais pas revenir sur tout ce que tu as eu à développer, mais je serais intéressé de savoir comment nous pouvons consacrer un pourcentage à la solidarité internationale sans que dans le même temps ne soit prévu un taux pour la solidarité interne (nationale). Ce n'est pas pour jouer les rabat-joie, mais il est temps que soit revue partout la manière de penser un modèle sociétal dans un monde de plus en plus dynamique.

Comment pouvons-nous expliquer que le coût de la vie ne cesse d'augmenter alors même que le National vient de décider de baisser le revenu des rentiers (2ème pilier). Il y a quelque chose qui ne tourne plus très rond et il va falloir nous expliquer.

Il est intéressant d'entendre aujourd'hui tous les chantres du libéralisme en dénoncer les travers alors que bien des voix s'étaient élevées contre et avaient mis en garde contre la trop grande confiance qui était accordée aux "grands patrons" (surtout gros revenus très défiscalisés).

Quelle réponse aux caciques du courant dominant, dominateurs et propriétaires des médias, dispensateurs de vérités ?

Écrit par : Makemennon | 24/09/2008

Je vous suis et j'ai les mêmes interrogations, Makemennon. Ce qui est en jeu, c'est toute la conception de la solidarité: celle-ci est mise à mal tant sur le plan national (en ce qui concerne le système des assurances, notamment) que sur le plan international.Je me demande d'ailleurs si l'opportunisme n'a pas toujours prévalu sur la solidarité .... Il serait intéressant, sur le plan international, de suivre l'histoire d'une organisation comme le HCR, créée pour s'occuper des réfugiés et qui est actuellement utilisée, parfois instrumentalisée pour prendre en charge les personnes déplacées internes, avec le risque de voir son mandat initial mis à mal ???

Écrit par : Margot | 04/10/2008

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