29/09/2008

"La Rue est à vous" est-elle vraiment à tous et à toutes ?

 

Chapeau aux organisateurs de cette fête conviviale aux Pâquis. Le temps aidant et grâce au grand travail des « petites mains », ce fut une réussite et comme chaque année, je me dis qu'il fait bon vivre à Genève et aux Pâquis. J'ai pu constater que les très nombreux « étrangers », frontaliers et fonctionnaires internationaux, qui ont parcouru les rues y ont goûté avec plaisir. L'atmosphère relaxe et la bonhomie des agents municipaux y ont aussi contribué. Et puis, chapeau aussi à la voirie qui a nettoyé les rues aussitôt la fête achevée...

J'ai lu avec intérêt divers échanges sur la question des stands interdits de la «  Rue est à vous ». D'après mes informations, ce ne sont pas tellement les organisateurs que les conseillers administratifs de la Ville qui en sont à l'origine. La non-politisation de la fête a été l'un des arguments avancés. Ceci m'a fait beaucoup réfléchir. Qu'est-ce qui est politique et qu'est-ce qui ne l'est pas ? A-t- on d'un côté les partis politiques coupables de tous les maux et de l'autre les citoyens et les associations qui en sont dépourvus ? La politisation de la fête est-elle due à la participation des partis ? Le cas échéant, la politisation doit-elle être bannie ? Et si l'on considérait la citoyenneté dans son acception d'origine, on pourrait même considérer les représentants des partis politiques comme des citoyens....Ou bien ? J'ironise quelque peu, mais à peine. La convivialité est le résultat de la mixité sociale et politique et de la diversité des expressions citoyennes. Cette année, « la Rue » n'a pas été aux partis politiques et c'est dommage...

 

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26/09/2008

Prison de Bagram : enfin un peu de normalité pour les détenus et leur famille…

Bagram est en Afghanistan, un "haut lieu" de détention des USA. Pour la première fois, les familles pourront rendre visite à leur proche détenu dans cette prison. C'est ce que vient d'annoncer le CICR le 23 septembre, et qui me réjouit le coeur.  Les délégués de l'organisation, qui est active en Afghanistan depuis 1979, visitent les détenus de Bagram depuis 2002. L'une de leurs tâches traditionnelles est de rétablir et de maintenir le contact entre les détenus et leur famille. Comment rendre possible ce contact lorsque les visites des familles sont interdites ou impossibles compte tenu de la distance séparant le détenu de sa famille ? Le message "Croix-Rouge", rempli par le détenu et remis à sa famille par la Société nationale de Croix-Rouge ou Croissant- Rouge ou le CICR, en est un moyen. Et il a été largement utilisé dans ce contexte. Entre janvier et mai 2008, ce n'est pas moins de 7100 messages qui ont été collectés et 6100 distribués par le Croissant- Rouge afghan, dont la grande majorité ont été échangés entre des détenus et leur famille…

 

Au début de l'année, le CICR a innové et a mis en place un programme de liaison vidéo qui a permis aux familles et aux détenus de se voir et de se parler directement. 1500 liaisons ont été établies en quelques mois.

 

Désormais, les familles soutenues par le CICR, pourront durant une heure, voir leur proche en personne. Un peu d'espoir pour ces familles et une étape de plus vers la normalité ?...

 

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24/09/2008

Augmentation de l'aide au développement. Et Genève ?

Je suis heureuse d'apprendre que le Conseil des Etats s'est prononcé en faveur d'une augmentation de l'aide au développement proposant de passer à 0,5 % du revenu national brut (RNB) d'ici 2015.  On est certes loin des 0,7 % auxquels la Suisse s'est engagée et que 200.000 personnes ont réclamés par pétition en mai 2008. N'empêche que le signal donné par nos sénateurs est important, qui va plus loin que le National d'autant plus que le Conseil National s'était prononcé en juin contre une augmentation de cette aide, à 11 voix près, il est vrai, et que le Conseil fédéral soit même ne semblait pas très chaud. Qu'on se rappelle: la Suisse avait même vu en 2006  son aide au développement reculer à 0,39 %, soit passer en dessous de la barre fatidique de 0,4% !

Mais au fait qu'en est-il à Genève ? Genève est, je crois, le seul canton à avoir adopté une loi demandant au gouvernement de consacrer au moins 0,7% de son budget annuel de fonctionnement à la solidarité internationale. En fait, on est encore loin du compte avec quelques 0,21 % de son budget octroyé à l'aide au développement, si l'on en croit les informations de la FGC publiées en 2005. Je note cependant que certaines communes vont au-delà des 0,7% et contribuent ainsi à relever la moyenne cantonale. Parmi elles, des communes "riches" (Cologny par ex), mais aussi des communes avec une forte communauté étrangère et qui ont développé au cours des années une véritable politique de solidarité (Meyrin).

Tout de même intéressant aussi de constater que lors des dernières élections fédérales, 98 % des candidats genevois au Conseil National avaient plébiscité le 0,7 %. La population genevoise n'est pas en reste qui, selon un sondage, est pour les ¾ d'entre elle, favorable à une augmentation de l'aide.

Les Verts souhaitent un renforcement de l'engagement de Genève en faveur de la solidarité internationale et plaident pour consacrer un minimum de 0,7 % de son budget de fonctionnement à la coopération et à l'aide humanitaire.

Voir aussi le programme des Verts: www.verts-ge.ch

19/09/2008

Surveiller, contrôler et rapporter : bientôt la norme ?





La Grande-Bretagne l'a promue, le Grand Conseil bernois l'a acceptée, Genève l'a intégrée et même le parti socialiste y songe: la vidéo-surveillance s'installe dans la pratique et dans les esprits. Cyclope, le bien nommé projet genevois, scrute 33 lieux répertoriés alors que plus de 120 caméras observent déjà les chalands de la Ville. Souriez, vous êtes filmés: à l'Horloge Fleurie ou au 25, rue du Stand, à la maison Tavel ou au musée Ariana, elles tournent. Le débat public sur l'efficacité de la vidéo-surveillance, les coûts et les risques qu'elle engendre n'a pas eu lieu, mais les autorités, voire certains partis ont choisi de devancer les inquiétudes de la population, au nom de la sécurité, nous dit-on.

Surveiller, contrôler et rapporter, telles sont aussi les instructions appliquées à la lettre par les taupes d'une compagnie de sécurité chargées d'infiltrer des associations de militants, dont la presse s'est faite l'écho. Abus de confiance, violation de la sphère privée, atteinte illicite à la personnalité et à l'honneur: les chefs d'accusation évoqués à l'encontre de la compagnie de sécurité ne doivent pas faire oublier que cette dernière a été activée dans une période de paranoïa grandement favorisée par les autorités et qu'elle s'est engouffrée dans un vide juridique. L'aversion que de tels procédés suscite est à la hauteur de l'inquiétude provoquée par les dérives sécuritaires.

Dans un cas comme dans l'autre, les libertés individuelles sont atteintes et le législateur cantonal est appelé à la rescousse pour pallier les déficiences normatives et entériner une politique du fait accompli. Ceci est très inquiétant. Dans un cas comme dans l'autre, on s'attaque à l'autorité de l'état et aux représentants de la force publique. Dans un cas comme dans l'autre, en réduisant l'être humain à la portion congrue de surveillant de caméras ou d'espion de pacotille, on favorise l'aveuglement plutôt que l'intelligence, la menace et la suspicion plutôt que la solidarité, la régression sociale plutôt que le développement. Ceci ne doit pas être la norme.




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18/09/2008

Privatisation de la guerre: un premier accord

17 pays, parmi lesquels l'Afghanistan, les Etats-Unis, l'Irak, le Royaume Uni ou l'Afrique du Sud s'accordent pour accroître le contrôle des compagnies militaires et de sécurité privées. Réunis sous l'égide du gouvernement suisse et du CICR, les experts de ces pays ont adopté le 17 septembre une série de recommandations. Celles –ci réaffirment que les contractants militaires et de sécurité qui opèrent dans des zones de conflit doivent assumer une responsabilité particulière et sont redevables de tout comportement illicite.

 

 

Parce qu'il contient des mesures très pratiques, notamment le contrôle et la formation du personnel de ces compagnies ou des procédures disciplinaires internes en cas de non respect, ce document est important. Il est rappelé qu'en cas de violations graves, l'état concerné -qui engage une compagnie privée, qui offre le cadre à ses opérations ou qui l'héberge- doit poursuivre les auteurs en justice.

 

 

On me dira que ce document n'est pas contraignant. N'empêche. La protection des personnes dans un conflit est souvent le résultat d'un long processus, mêlant réaffirmation du droit, négociation politique et ténacité des délégués du CICR et des ONGs. L'Irak ou l'Afghanistan sont des exemples parlants de la lente dérive vers une privatisation de la guerre. L'équation est simple: d'anciens militaires, qui ont connu les conflits des Balkans ou de  Sierra Leone d'un côté, et des ressources stratégiques très attractives, dans un état si possible faible ou affaibli, de l'autre. On y rajoute les besoins des pays en matières premières, la loi immortelle du "qui veut la fin, veut les moyens" et la passivité, voire la complicité de certains gouvernements. On assiste ainsi depuis le début des années nonante à la recrudescence de ces compagnies qui se comportent en maître et seigneur. Je me souviens, jeune déléguée, avoir rencontré des représentants de ces groupes, "mercenaires" peu scrupuleux, voire sans foi ni loi, présents en Angola ou en Afrique de l'Ouest. Désormais bien organisée l'externalisation de la guerre a fait des émules et fragilisé encore plus la situation des civils. Qui est responsable de quoi ? qui est coupable de quoi ? C'est à ces questions que cette initiative contribue aussi à répondre, en rappelant les obligations existantes des états et la manière d'y souscrire. Plus généralement, cet accord permettra de conforter un peu plus dans leurs démarches les délégués du CICR et d'assurer un peu plus de protection aux civils.

 

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17/09/2008

Une Constituante "nomade" ?...


L'adhésion des habitants au processus de la Constituante est essentielle si l'on veut que ces derniers puissent faire valoir leurs points de vue, soient informés et in fine se retrouvent dans le projet de Constitution.


La participation citoyenne est un instrument de poids. Qui sont les citoyens de Genève ? Les seuls Genevois ayant le droit de vote ? Ou considère-t-on l'ensemble de la population, citoyens, certes, mais aussi usagers, habitants, et autres « pratiquants du territoire » ? Si l'on part du principe que doivent participer à cet exercice historique l'ensemble des résidents et usagers, on doit aussi en même temps prévoir les moyens de la participation.

Concrètement, je propose par exemple:

  • une assemblée de jeunes élus-es sur leur lieu de formation et qui formerait une « caisse de proposition et de résonance », un vis-à-vis de la Constituante.

  • des associations « d'usagers du territoire » indépendamment de l'origine ou du statut : des structures existent: cité senior, coopératives d'habitants, maisons de quartier etc...qui devront être associés au processus, en fonction des problématiques traitées.

  • un large forum citoyen

Le réseau social genevois est riche et les compétences y sont larges et souvent sous estimées. Mettons- le à profit !
On a aussi parlé de la salle qui peut abriter les travaux.

Je suis personnellement opposée à ce que les séances de la Constituante se tiennent dans la salle du Grand Conseil. Les Constituants auront la lourde tâche de créer un esprit avant de faire des propositions concrètes. En ce sens, la salle du Grand Conseil, forte de son histoire, risque fort de favoriser les antagonismes stériles plutôt que la construction de passerelles entre personnes et groupes. Je serai en faveur de quitter les lieux traditionnels de représentation du pouvoir et de déplacer les Constituants, selon les séances, dans d'autres lieux (salle du Faubourg ?) et d'autres communes que Genève. Et pourquoi pas lui faire franchir la frontière ? Je suis convaincue que nos voisins français ou vaudois seraient prêts à nous accueillir. La proposition d'une Constituante « nomade » n'est pas irréaliste. Quel meilleur moyen d'intéresser des habitants que d'imaginer aussi cette proximité ? Nous sommes à l'heure de tous les possibles.


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14/09/2008

Réflexions de fin de semaine...

L'autre matin, je dépasse deux jeunes collégiens qui se rendent au collège Sismondi. Pantalon baggis et casquette à l'envers. Perdus dans une conversation animée. Je laisse traîner l'oreille pour entendre leur sujet de discussion. « T'as vu ce qui se passe au Darfour ? » « Ouais, c'est dégueu... et on peut rien faire ! » « En tout cas c'est pas drôle pour les gens !... » Tout ceci se déroule avant 8 h le matin. Je ne suis pas sure qu'ils sont nombreux ceux qui font, si tôt le matin, voguer leurs pensées et leur solidarité vers le Soudan ou l'Afghanistan...Réconfortant pour moi d'entendre cette discussion alors que je me rends à mon travail, au CICR.

Autre lieu: St Cergue, samedi soir 22 h. Du train qui doit nous ramener à Nyon sort une équipe de joyeux mômes, de 15-16ans, très joyeux en fait. A l'intérieur du train, on découvre des traces de liquide un peu partout et une forte odeur de bière, tandis que deux jeunes reviennent avec un rouleau de PQ avec lequel ils entreprennent de nettoyer les vitres et le sol. Deux minutes plus tard, apparaît la conductrice du train avec un seau et des « panosses ». «  Je pars à 22h06, dépêchez-vous ! ». Et nos jeunes ados de s'exclamer, de rigoler, de nettoyer, essorer et essuyer les traces de leur agape vespérale. La scène est marrante d'autant que les deux ados s'exécutent de bon coeur et sans agressivité. Avant de ressortir, les deux jeune nous jettent: «  Et allez boire un « kamikaze » au pub de la gare à Nyon ! ». Ce auquel ils avaient visiblement amplement goûté.

Mes pensées vont à la conductrice qui, fermement et intelligemment, a exigé que les ados nettoient leur saleté ,et qui doit en voir souvent de vertes et de pas mûres, aux jeunes, sympas, mais qui « en tenaient une sérieuse » et, évidemment et surtout, au gérant du pub de la gare qui sert de l'alcool sans trop se préoccuper de l'âge de ses clients. Le tout me donne une image ma foi assez fidèle de la fièvre du samedi soir et des ingrédients qui la préparent. Pas sure que les ados en soient les seuls responsables.

09/09/2008

Le "trou noir" ou comment y échapper...

A la veille des premiers essais du LHC ou "Grand Collisionneur de hadrons", je m'interroge sur la capacité de l'être humain à imaginer les pires et plus lointains scénarii, comme le trou noir, alors qu'une menace, autrement plus sérieuse et inquiétante, est en cours, le changement climatique...

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07/09/2008

Constituante: de la participation citoyenne...

Entre les sceptiques et les enthousiastes, les romantiques et les cyniques, il y a la place pour tous ceux et toutes celles qui souhaitent s'engager avec conviction et réalisme « pour qu'une autre Genève soit possible ».

La démocratie participative, que les Verts souhaitent introduire dans la Constitution, pourrait bien trouver une application concrète dans le cadre du processus de la Constituante. La "démocratie participative" vise à intégrer, dès l'esquisse d'un projet, les personnes concernées au processus décisionnel. La réussite d'un tel processus dépend de plusieurs facteurs: je citerai en particulier la capacité des autorités à initier l'information en amont et l'organisation -ou le cadrage- du processus participatif, qui implique la validation des règles par tous les partenaires. Cet instrument ne se substitue en aucun cas aux instruments traditionnels et clefs de la démocratie directe (comme l'initiative ou le référendum). Autre élément de la gouvernance, il participe à l'intégration des habitants/ usagers à la vie politique et renforce le sentiment d'appartenance à la communauté. Développé sous diverses formes, il contribue à la formation des citoyens aux enjeux globaux et transversaux auxquels les seules autorités politiques élues ne peuvent plus guère prétendre répondre.

Concrètement, la Constituante pourrait, à l'instar du canton de Vaud, mettre sur pied des fora permettant à tous les intéressés de s'exprimer (pourquoi pas un « cahier de doléances » ?). Une autre piste serait de créer des assemblées consultatives. Les jeunes, qui ont aujourd'hui entre 15 et 20 ans, porteront la charge principale de la mise en oeuvre de la future constitution et il est indispensable de les entendre et de les intégrer au processus de la Constituante ( il s'agira par exemple de créer une assemblée de jeunes, élus-es sur leur lieu de formation, qui seraient en contact permanent avec la Constituante). Les « étrangers » qui représentent à Genève un pourcentage élevé et si richement divers de la population, devraient, de la même manière, donner leur opinion et influencer les débats.

L'intelligence collective, dont la Constituante aura tant besoin, se nourrit de la diversité des parcours de vie, des destins migratoires, bosselés ou non, et de substrat local que la notion de citoyenneté peine bien à rendre.

«  La Constitution est une affaire trop sérieuse pour la confier aux seuls citoyens et citoyennes ! » oserais- je conclure.