15/10/2008

Constituante: Le silence assourdissant du Conseil d'état

Les informations sont publiées au compte-goutte. On sait aujourd'hui que la Constituante sera « intronisée » à Varembé le 20 novembre, que les journalistes seront invités, et qu'il n'y aura pas de cérémonie de prestation de serment parce que ce n'est pas prévu: en matière de rituel, on a déjà vu mieux. Pour les gens intéressés: merci donc de se référer au blog de la TdG -ce que vous êtes en train de faire si vous êtes en train de lire cette note-.

Parmi les nombreux commentateurs et semeurs et semeuses de bruissements, il y a à mon avis un grand absent: le Conseil d'Etat. Certes, ce dernier n'a pas montré jusqu'ici un grand intérêt pour un exercice qui devrait ne pas le toucher. Certes, il est certainement très sensible à la séparation des pouvoirs et soucieux de ne pas interférer dans le processus. Certes, il a d'ores et déjà alloué un budget pour l'organisation des travaux. Je pourrai commenter et ironiser à loisir.

Je me contenterai de constater qu'à 4 jours du scrutin, 21 % des électeurs ont voté. Ce qui me paraît être le score le plus bas enregistré ces dernières années.

On pourra expliquer ce désintérêt ou cette indifférence par le fait que ce scrutin ne porte pas sur des enjeux de pouvoir comme lors d'élections « traditionnelles », que les gens se sentent peu concernés par cet exercice qui ne touche, finalement, pas leur quotidien et que les media avaient leurs yeux tournés ailleurs sur la crise financière par exemple. On pourra analyser après le 19 octobre les raisons de ce « désamour » à l'égard de cette élection.

 

Pour l'instant, j'observe qu'on aurait pu s'attendre de la part de notre gouvernement,qui gère, pilote et administre la République, qu'il se positionne sur cet enjeu -que même les plus sceptiques qualifient d'historique- et incite pour le moins la population à voter.

Ce silence assourdissant de notre exécutif est incompréhensible !

Commentaires

Je trouve la situation assez révélatrice.
Si ma mémoire est bonne, environs 71% des votants avaient voté en faveur de cette Constituante (je ne me rappelle plus quelle était la participation).
Si aujourd'hui seul un tout petit quart du corps électoral s'est manifesté, on peut se demander si "le peuple" savait ce qu'il approuvait et quels enjeux cela représentait.

Ajoutons que la multiplication des listes et des candidats - inconnus, sauf de leurs amis, pour la plupart - ne facilite pas un choix déjà hasardeux avec les "usual players".

Bref, s'il faut expliquer au "peuple souverain" l'intérêt de cette Constituante, c'est que celui-ci ne semble pas savoir ce pour quoi d'ordinaire IL vote quand le sujet n'est pas fortement émotionnel.

Inquiétant, non?

Écrit par : Azrael | 15/10/2008

Le CE montre son mépris pour cet exercice, ce qui n'a rien à voir avec le respect du principe de la séparation des pouvoirs. Certains de ses membres se croient tellement aux-dessus des lois que s'intéresser aux bases qui les fondent n'est même pas pensable...

Il apparaît qu'une remédiation au divorce entre les citoyens et les politiques est d'autant plus nécessaire!

Écrit par : Micheline Pace | 15/10/2008

Que voulez-vous que le CE dise aujourd'hui ? Il n'a pas à prendre position dans cette campagne. Ce n'est pas son rôle. Je ne comprends pas pourquoi vous prenez cela pour du mépris. Et qu'est-ce qui vous autorise à dire que ses membres se croient au dessus des lois ? Que laissez-vous supposer ? Qu'ils n'obéissent pas eux-mêmes à la Constitution ? Vous n'en avez pas marre de critiquer tout le monde, sur ces blogs ?

Écrit par : christiane favre | 15/10/2008

"pour un exercice qui devrait ne pas le toucher."

Pourquoi pas?

Écrit par : Wouter van der Lelij | 17/10/2008

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