20/10/2008

Remerciements et réflexions post-électoraux....

Au lendemain de ces élections, je souhaite remercier ceux et celles qui ont fait part de leur avis sur ce blog et qui m'ont fait confiance et ont soutenu les Verts en votant la liste des « Verts et Associatifs ».Le résultat est réjouissant: avec 11, 23 % des votes, et 10 sièges, les Verts confortent leur position. La tâche qui attend les Constituants-es genevois est à la hauteur de la complexité de la politique locale, difficile donc, mais réalisable. J'estime que la nouvelle Constitution est affaire trop sérieuse pour la laisser aux seuls Constituants-es. Je serai donc à votre disposition pour échanger avec vous et organiser ce qui est estimé utile pour que l'information circule et que les personnes intéressées soient intégrées au processus.

Pour l'heure, les résultats des élections m'inspirent les premiers constats suivants:

  • Le faible taux de participation qu'on pourra commenter à loisir par les difficultés à matérialiser les enjeux, le désintérêt des instances exécutives et de la classe politique en général, voire l'opposition de certains au processus de ré-écriture constitutionnelle. Il s'agit maintenant d'inverser la tendance et de rendre attractif le travail constitutionnel en « popularisant » notamment les thématiques qui seront discutées par l'Assemblée.

  • La très faible représentation des femmes parmi les élus-es et notamment l'absence de quorum pour la liste des « Femmes Engagées ». Il est vrai que le faible taux de femmes candidates pouvait laisser augurer de ces résultats. Néanmoins, avec 15 femmes sur 80 élus-es, on est vraiment très loin d'une représentation paritaire et ceci est inquiétant. Il s'agira pour les Constituants-es d'en tirer les conclusions: faire en sorte que les préoccupations exprimées, qui,de façon directe ou indirecte, touchent l'ensemble de la population, soient prises en compte et que la nouvelle Constitution garantisse désormais un accès égal des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles, politiques et sociales.

  • La représentation des associations: Certaines listes associatives n'ont pas obtenu le quorum, ou ne sont, à mon sens, pas suffisamment représentées, notamment certaines associations qui figuraient sur la liste 18. Il s'agira pour les groupes et partis, dont un certain nombre avaient ouvert leur liste à des candidats indépendants, de mettre en place les outils d'une vraie participation citoyenne, permettant l'expression et l'intégration de la diversité dont Genève est représentative.

A suivre...

15/10/2008

Constituante: Le silence assourdissant du Conseil d'état

Les informations sont publiées au compte-goutte. On sait aujourd'hui que la Constituante sera « intronisée » à Varembé le 20 novembre, que les journalistes seront invités, et qu'il n'y aura pas de cérémonie de prestation de serment parce que ce n'est pas prévu: en matière de rituel, on a déjà vu mieux. Pour les gens intéressés: merci donc de se référer au blog de la TdG -ce que vous êtes en train de faire si vous êtes en train de lire cette note-.

Parmi les nombreux commentateurs et semeurs et semeuses de bruissements, il y a à mon avis un grand absent: le Conseil d'Etat. Certes, ce dernier n'a pas montré jusqu'ici un grand intérêt pour un exercice qui devrait ne pas le toucher. Certes, il est certainement très sensible à la séparation des pouvoirs et soucieux de ne pas interférer dans le processus. Certes, il a d'ores et déjà alloué un budget pour l'organisation des travaux. Je pourrai commenter et ironiser à loisir.

Je me contenterai de constater qu'à 4 jours du scrutin, 21 % des électeurs ont voté. Ce qui me paraît être le score le plus bas enregistré ces dernières années.

On pourra expliquer ce désintérêt ou cette indifférence par le fait que ce scrutin ne porte pas sur des enjeux de pouvoir comme lors d'élections « traditionnelles », que les gens se sentent peu concernés par cet exercice qui ne touche, finalement, pas leur quotidien et que les media avaient leurs yeux tournés ailleurs sur la crise financière par exemple. On pourra analyser après le 19 octobre les raisons de ce « désamour » à l'égard de cette élection.

 

Pour l'instant, j'observe qu'on aurait pu s'attendre de la part de notre gouvernement,qui gère, pilote et administre la République, qu'il se positionne sur cet enjeu -que même les plus sceptiques qualifient d'historique- et incite pour le moins la population à voter.

Ce silence assourdissant de notre exécutif est incompréhensible !

14/10/2008

Nouvelle Constitution : pour un pas décisif vers l’égalité entre femmes et hommes

Écrire une nouvelle Constitution ne revient pas à figer le présent, mais à anticiper et à façonner, dans tous les domaines, le futur pour de nombreuses décennies. Dès lors, il est essentiel que la future Constituante fasse œuvre novatrice, notamment dans le domaine de la représentation des femmes et des hommes en politique.

Il en était déjà ainsi lorsque, en 1864, le philosophe genevois Ernest Naville proposa l’introduction de l’élection à la proportionnelle. Le système majoritaire avait montré ses limites et son iniquité lorsque, en août 1864, l’élection d’Arthur Chenevière avait été invalidée alors qu’il avait obtenu davantage de voix que le radical James Fazy. L’instauration de la proportionnelle qui suivit modifia en profondeur la Constitution de 1847. Une révolution à l’époque, au même titre que l’abolition du vote censitaire ou l’introduction bien plus tard du droit de vote pour les femmes.

Le processus constitutionnel que le peuple de Genève a choisi, et pour lequel les citoyennes et citoyens sont appelé-e-s à élire une Assemblée constituante, devra lui aussi moderniser et revivifier la vie institutionnelle de notre République et canton pour de nombreuses décennies. Nous serions ainsi fiers que, à la fin de ce siècle, nos petits-enfants estiment normal, et même judicieux, que les autorités publiques du canton soient composées, à parité, de femmes et d’hommes, suite à l’introduction dans la nouvelle Constitution d’un article instaurant une représentation proportionnelle et paritaire.

Nous souhaitons quel'égalité soit réalisée dans les faits. À cette fin, nous considérons que la Constitution doit affirmer le principe garantissant l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles, sociales et politiques. Pourquoi ne pas profiter de l'occasion qui nous est donnée par la Constituante pour envisager un projet plus ambitieux ? À savoir que toutes les autorités élues de la République et canton de Genève soient constituées, à l’avenir, pour moitié de femmes et d’hommes (lorsque l’autorité est composée d’un nombre impair de personnes, une différence de un est évidemment admise).

Ainsi par exemple, les citoyennes et les citoyens seraient appelé-e-s à élire 50 femmes et 50 hommes au Grand conseil, de manière proportionnelle et paritaire, les autres règles électorales restant les mêmes. Il s’agit en réalité d’une règle supplémentaire dans la mise en œuvre de la démocratie représentative, au même titre que le quorum, la représentation proportionnelle, les listes de partis, les apparentements, etc. Les partis restent libres de présenter les candidates et les candidats qu’ils souhaitent et l’électrice et l’électeur sont tout aussi libres de voter pour celles et ceux de leur choix, au maximum 50 femmes et 50 hommes au Grand Conseil par exemple.

Une telle proposition a pour but de lancer le débat sur l'adéquation entre l'objectif d'égalité et les moyens que nous nous donnons pour l'atteindre. Nous souhaitons que cette proposition contribue à enrichir le débat sur l'égalité et à faire progresser notre démocratie.

Nous sommes persuadées et persuadés que l’histoire de la démocratie genevoise est loin d’être achevée. Nous sommes prêtes et prêts à accompagner des évolutions qui, aujourd’hui peut-être, paraissent trop novatrices, mais demain seront évidentes. La nouvelle Constitution : n’est-ce pas un pari raisonné sur l’avenir ?



Marguerite CONTAT HICKEL, Lorena PARINI, Matteo GIANNI, Florian IRMINGER, Pierre MEYER candidat-e-s « Verts et associatifs » à la Constituante

15:10 Publié dans GENRE | Lien permanent | Commentaires (9)

Agrocarburants: coup d'accélérateur ?

Différentes sources médiatiques nous informent que les « biocarburants » seront bientôt évalués sur la base de critères internationaux, élaborés à partir d'une analyse complète, « du puits au réservoir ». En proposant la création de tels standards, à laquelle vont participer des représentants des secteurs publics, privés et associations environnementales, l'EPFL a sans doute donné un coup d'accélérateur au débat. L'objectif est d'arriver à un consensus sur l'impact de cette énergie sur le plan de la durabilité. Très bien. Nous en prenons note avec satisfaction -tout ce qui peut contribuer à rendre le monde un peu plus lisible est bienvenu- mais non sans une certaine circonspection. L'urgence de parvenir à mettre tout le monde d'accord risque fort d'occulter certaines réalités et de passer sous silence les légitimes revendications des populations concernées.

Dans le cadre de tables rondes organisées par Swissaid, j'ai eu l'occasion de rencontrer des membres d'associations de pays où les agrocarburants sont implantés et de lire nombre de témoignages: en Indonésie, comme au Mali ou en Inde, les populations locales ne bénéficient pas de cette production, mais au contraire perdent souvent leurs moyens de subsistance. Les exemples colombien, où la production d'huile de palme se fait au détriment de la culture du manioc ou du riz ou indien, où les autorités donnent des terres aux entreprises pour produire le jatropha (« la noix miracle »), sont parlants. Ces terrains, même arides, ne sont évidemment pas vides: des éleveurs y vivent, des plantes médicinales y sont récoltées et des oléagineux y sont cultivés. Bref, on ne part pas de zéro et les conséquences de tels changements sont lourdes pour les populations locales et leur environnement. Souvent peu armés pour faire face aux géants pétroliers, de l'agroalimentaire ou de la biotechnologie, qui investissent massivement, les paysans sont condamnés à se résigner, voire à disparaître. Dans le cadre de la crise alimentaire mondiale, la Banque Mondiale estime à 30 % la part de la demande des agrocarburants dans la hausse des prix. Et selon Joachim von Braun,Directeur de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), plus de 100 millions de tonnes de céréales ont été utilisées en 2007 pour produire des agrocarburants !

En l'état actuel, les technologies ne permettent donc pas de produire les agrocarburants de manière durable et rentable: les agrocarburants, censés freiner le réchauffement climatique, sont actuellement en directe concurrence avec la production alimentaire sans compter les dégâts importants sur les écosystèmes (déboisement, défrichage...).

Dans ce cadre, il reste à espérer que le travail de l'EPFL se fasse de façon suffisamment indépendante et participative pour parvenir à une certification crédible. Les rapports de force actuels hélas ne militent pas dans ce sens....En attendant, une politique responsable signifie le refus de l'importation d'agrocarburants industriels des pays du Sud.

 

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08/10/2008

RAAC..ons ensemble

RAAC..ons ensemble

 

Quel beau signal est envoyé à la Constituante ! A partir de l'électrochoc du transfert de charges du canton à la Ville, et pendant plus d'une année, des artistes, politiques et élus se sont parlés, se sont entendus et ont travaillé ensemble pour circonscrire le champ et les enjeux de la culture à Genève. La 1ère étape des Assises culturelles s'est terminée le 6 octobre. Pour avoir participé à quelques réunions du RAAC, y compris au grand raout du printemps 2008, j'avoue avoir été motivée tant par la démarche que par l'investissement consenti par les divers partenaires, en particulier le milieu artistique. Les thématiques sont ardues et les occasions de s'emporter n'ont pas manqué. Quelques pistes intéressantes sont désormais proposées, voire ont fait l'objet d'une consensus: sur le plan de la gouvernance, le rôle primordial des communes, le rôle de coordination de l'état, voire la compétence principale en ce qui concerne les grandes institutions et l'intégration de la culture dans le projet de région. Le financement, nerf de la culture, est un autre enjeu de taille: on l'a dit et redit, Genève est sans doute la ville la plus généreuse, avec un budget culturel de plus de 200 millions par année, soit le 1/5 du budget total de la Ville. Parallèlement, les participants ont pu constater le déséquilibre flagrant entre l'investissement du canton et celui de la Ville en faveur de la culture, mais aussi le décalage entre les communes. Faut-il proposer une autre clef de répartition ? Et sur quelle base ? La culture de proximité aux communes ? La culture méga à l'état, avec un fonds intercommunal ? La Ville est-elle prête à abandonner « ses » grandes institutions ? Autre thème délicat, la sécurité sociale des artistes a fait l'objet de débats animés. On touche là à la place de l'artiste dans la société et à son rôle. La précarité du statut, l'intermittence des contrats et le fort taux de chômage ont été relevés. Dans la mesure où l'on reconnaît le rôle essentiel à la vie et au tissu social de l'artiste, ne devrait-on pas lui accorder une forme de reconnaissance matérielle, de sécurité sociale ? La proposition du groupe de travail -un projet pilote de 4 ans mené par Genève et d'autres cantons intéressés-, est une piste intéressante, qui mérite d'être prolongée. Enfin, qui dit culture, dit espaces. Avec la disparition de certains squats (Rhino) et de lieux tels qu'Artamis, ceux-ci commencent à manquer. Et la réponse ne sera certainement pas dans le botellon !...

Besoin de respiration, de lieux d'échanges et de création, besoin d'indépendance aussi à l'encontre des pouvoirs publics et du business: les relations entre le donateur, public et privé, le créateur et le consommateur demeurent ambigües et cette ambigüité continuera d'imprégner les débats à venir.

 

10:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

06/10/2008

Touche pas à mon quartier !....

Place de la Navigation, journée de stand électoral et jour de marché. Il fait froid et le temps ne se prête guère à la conversation. Les gens qui défilent sont pressés mais plutôt attentifs. Je suis à nouveau frappée par la diversité de la population pâquisarde, entre artistes de jour et belles de nuit, ménagères, garçons livreurs, écoliers, militants. On tape des pieds, resserre les rangs, se réchauffe les mains. « Je vous ai apporté du thé, vous devez avoir froid ! ». Souriante, la gérante d'un petit café est venue nous retrouver sur la place avec théière et petits biscuits. Mes petits camarades de militantisme sont esbaudis et moi avec. Cette femme « étrangère », réfugiée en Suisse d'un pays du Moyen-Orient, nous réchauffe tout de go, avec son geste magnifique. L'élégance du coeur, ça ne trompe pas. Plus tard, bien plus tard, alors que la fermeture des bistrots s'annonce, on va encore écluser un godet dans un autre échoppe des Pâquis. Le patron se confie: les affaires ne sont plus aussi bonnes et puis, l'interdiction de fumer n'a pas arrangé les choses. Il poursuit en mentionnant la concurrence, les « dépanneurs » entre autres et puis la multiplication des bistrots depuis la suppression de la clause de besoin. Et de nous offrir une tournée de bières...

Les Pâquis, ça vit la journée et vibre la nuit. Ce n'est pas toujours évident entre le bruit, les incivilités et parfois les violences, de ne pas en sortir un peu cabossé. « Le lisse », je n'aime pas, il est vrai. Tout comme les milliers de personnes qui se côtoient, se jaugent et s'interpellent chaque jour dans ce bout de territoire d'humanité. Sans angélisme, avec nos moments de raz-le-bol, on y tient à ce quartier  dont on sait la vulnérabilité.

16:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)