26/01/2009

Retour d'Ethiopie (2): Mussolini et le Corbusier

Mussolini avait rêvé utiliser l’Ethiopie comme terre d’immigration pour les quelques centaines de milliers de chômeurs italiens. Ces colons italiens devaient produire les denrées agricoles destinées à la métropole. Ce rêve n’est pas devenu réalité. Mais à l’heure de la razzia de certains états et multinationales sur les terres fertiles d’Afrique, ce souvenir ne peut que nous revenir à l’esprit…(voir « de retour d’Ethiopie (1) »).

Autre rappel historique : parmi les desseins de Mussolini figurait la planification des villes à des fins de colonisation, avec pour paramètre important de l’urbanisation, la ségrégation entre la population indigène et les colons. Le Corbusier, qui cherchait à mettre en pratique ses idées de ville radiante et radieuse, fut pressenti pour la réalisation de la « capitale de l’Afrique Orientale italienne ». De fait, Le Corbusier ne mit jamais les pieds à Addis et ses plans de transformation de la capitale  restèrent à l’état d’ébauche. (Pour ceux que les pas amèneraient à Addis, je recommanderai d’ailleurs la passionnante lecture du livre: « Addis Abeba 1886-1941, the city an dits architectural heritage » de Fasil Giorghis et Denis Gérard, aux éditions Shama Books).

Sur place, les témoignages de l’époque mussolinienne subsistent : le quartier Casa INCIS, lieu résidentiel des colons italiens, actuellement « Kazantchis », « Piazza », centre du commerce, ou le « Mercato », le marché, déplacé et remodelé par les Italiens pour en faire un marché « indigène », sont là pour nous rappeler quelques éléments de l’entreprise coloniale.

Comme autant de réminiscences de cette période, les nombreux cafés d’Addis Abeba vous servent de délicieux machiato, préparés selon les règles de l’art avec de monumentales machines à café… « italiennes » !.

09:53 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

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