15/02/2009

Une immolation par le feu à la Place des Nations

Cette information reprise par les media nous rappelle brutalement la violence de la situation au Sri Lanka. C’est un acte désespéré, le geste de quelqu’un qui n’a plus rien à donner si ce n’est son corps en sacrifice. Il a choisi Genève, devant le Palais des Nations, comme un ultime rappel de la responsabilité des Etats, dont la Suisse et des Nations Unies dans le drame sri-lankais. Ce drame me renvoie en 2002 alors que la trêve entre Tigres tamouls et l’Armée sri lankaise prévalait  et que je m’étais rendue pour le CICR à Jaffna pour une mission en faveur des personnes déplacées par le conflit. J’avais rencontré beaucoup de monde, qui, le temps aidant, se surprenait à commencer à rêver que le cessez-le feu allait durer. Des démineurs étaient présents à Jaffna qui étaient en train de nettoyer de grosses étendues de terrains de leurs sanglantes mines. Les personnes déplacées commençaient à rentrer et le CICR, présent depuis 1989, jouait son rôle d’intermédiaire neutre, permettant chaque jour à des centaines de personnes de franchir sans danger le passage entre les zones contrôlées par le gouvernement et celles en mains des Tigres (LTTE). Une atmosphère d’espoir prudent s’était installé. Mais depuis 2006, les combats ont repris, particulièrement violents depuis quelques mois dans le Vanni. Des milliers de morts, de blessés, de personnes déplacées, des bombardements d’hôpitaux et des civils pris au piège. « Les combats entre les forces du gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ne faiblissent pas. La grande majorité des civils sont déplacés et confinés dans une zone dont la surface diminue de jour en jour…. » précise le CICR. Ce dernier, actif sur tous les fronts, n’a de cesse de rappeler aux parties au conflit leurs obligations à l’égard des civils…

 Ce conflit dure depuis plus de 25 ans. L’espoir ténu qui permettait encore à certains de survivre a disparu. Malgré la violence qui y sévit, le Sri Lanka figure dans la rubrique des « conflits oubliés ». Puisse le suicide du discret Tamoul de la Place des Nations contribuer à réveiller les consciences !

20:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Evidemment, c'est loin des conflits médiatisés, où des parlementaires genevois se rendent après coup aux frais du Hamas...

Je m'étonne toutefois qu'une Verte puisse faire de l'humour noir en sous-entendant que les consciences devraient être réveillées parce qu'un Tamoul choisit de s'immoler en dégageant beaucoup de CO2. Les Verts ne sont-ils réceptifs qu'à cela ?

Écrit par : j.nizard | 15/02/2009

vert rouge noir etc peut importe. Du moment qu'on ne change pas ça "www.bankster.tv " et cela "confession of an economic hitman" http://www.youtube.com/watch?v=yTbdnNgqfs8 et bien... on aura toujours des Tamouls et autres qui feront la même chose. Demandez à Berne ce qu'il pense car un de ces jours on verra des suisses qui le feront à Berne ou.. fouteront le feu à Berne

Écrit par : maraja | 16/02/2009

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