25/02/2009

Des chiffres qui laissent songeur…

 

6 m2 par habitant, 1 arbre pour 100 habitants  : ce sont les chiffres donnés hier soir par le magistrat Pagani aux habitants des Pâquis pour illustrer le quartier….Des chiffres qui symbolisent bien un quartier de plus en confiné, voire ratatiné au milieu des axes de circulation. Les végétaux sont rares, les passants nombreux tandis que les voitures occupent l’espace public sur des axes qui devaient être des rues de desserte et qui ne sont rien moins que des routes de transit.

La pollution bat des records (le quartier le plus pollué de Genève) tout comme le bruit . En 2016, la Ville sera confrontée à l’application stricte des normes OPair et OPB, après des années de tolérance confédérale. Soit le quartier parvient à réduire drastiquement sa circulation, soit les contribuables passeront à la caisse. Plus grave encore : la pollution et l’insécurité générées par le trafic automobile constituent un véritable problème de santé publique. J’ai participé à plusieurs reprises aux côtés des associations à des séances organisées par le service de la mobilité de la Ville. Des années de discussion, au mieux de concertation, ont débouché sur quelques fermetures de rue, principalement aux alentours des écoles. En caricaturant, je dirai que d’un côté se trouve la gente automobiliste, plus percluse d’habitude que de certitude, et de l’autre, la gente « mobilité douce », piétons et vélos qui se jaugent ou s’ignorent au gré des jours. Les perspectives de « cœur piétonnier », composé de deux poches piétonnes, restent bien modestes au regard des enjeux qui attendent les habitants. Je me surprends parfois à rêver d’audace et d’un projet d’aménagement pour ce quartier qui soit plus que la somme des multiples grignotages et mesurettes mis bout à bout, mais une carte de visite de la convivialité et de l'écologie....

15/02/2009

Une immolation par le feu à la Place des Nations

Cette information reprise par les media nous rappelle brutalement la violence de la situation au Sri Lanka. C’est un acte désespéré, le geste de quelqu’un qui n’a plus rien à donner si ce n’est son corps en sacrifice. Il a choisi Genève, devant le Palais des Nations, comme un ultime rappel de la responsabilité des Etats, dont la Suisse et des Nations Unies dans le drame sri-lankais. Ce drame me renvoie en 2002 alors que la trêve entre Tigres tamouls et l’Armée sri lankaise prévalait  et que je m’étais rendue pour le CICR à Jaffna pour une mission en faveur des personnes déplacées par le conflit. J’avais rencontré beaucoup de monde, qui, le temps aidant, se surprenait à commencer à rêver que le cessez-le feu allait durer. Des démineurs étaient présents à Jaffna qui étaient en train de nettoyer de grosses étendues de terrains de leurs sanglantes mines. Les personnes déplacées commençaient à rentrer et le CICR, présent depuis 1989, jouait son rôle d’intermédiaire neutre, permettant chaque jour à des centaines de personnes de franchir sans danger le passage entre les zones contrôlées par le gouvernement et celles en mains des Tigres (LTTE). Une atmosphère d’espoir prudent s’était installé. Mais depuis 2006, les combats ont repris, particulièrement violents depuis quelques mois dans le Vanni. Des milliers de morts, de blessés, de personnes déplacées, des bombardements d’hôpitaux et des civils pris au piège. « Les combats entre les forces du gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ne faiblissent pas. La grande majorité des civils sont déplacés et confinés dans une zone dont la surface diminue de jour en jour…. » précise le CICR. Ce dernier, actif sur tous les fronts, n’a de cesse de rappeler aux parties au conflit leurs obligations à l’égard des civils…

 Ce conflit dure depuis plus de 25 ans. L’espoir ténu qui permettait encore à certains de survivre a disparu. Malgré la violence qui y sévit, le Sri Lanka figure dans la rubrique des « conflits oubliés ». Puisse le suicide du discret Tamoul de la Place des Nations contribuer à réveiller les consciences !

20:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

07/02/2009

Vous êtes stressés ?

Et vous ne partez pas en vacances de neige  et vous souhaitez qunad même passer une semaine "qui vous change" ? vous ne voulez pas mourir idiot ? Vous ne voulez pas de tigre ni d’agrocarburants dans votre moteur ?

Alors, venez assister à la conférence de Devinder Sharma. Cet agronome et journaliste indien de renommée internationale vous parlera de la ruée sur les terres en Inde, de l’introduction du coton génétiquement modifié et des conséquences désastreuses du boom des agrocarburants sur les populations indiennes. Ce qui est vrai pour l’Inde l’est aussi pour nombre de pays du Sud…..Et cette situation ne peut nous laisser indifférents.

Cette conférence a lieu à Genève à l’occasion du lancement de la campagne de Swissaid sur les agrocarburants.

 

Mardi  10 février de 19h à 21h

A la Maison des Associations, rue des Savoises

(Conférence en anglais avec traduction simultanée)

 

Voir aussi sous www.swissaid.ch

 

A bientôt !

Ecran de fumée...

J’avoue devenir profondément allergique aux débats sur la fumée, autant qu’à la fumée elle-même. Les manœuvres dilatoires en cours sont à la hauteur de leurs auteurs, quelque part entre le 36 ème dessous et le vide cérébral. Pour ma part, j’ai décidé de boycotter les bistrots avec fumée et de le faire savoir. Je me sens agressée désormais à chaque fois que je franchis la porte d’un café qui m’accueille avec des volutes de fumée. Et plutôt que de subir cette agression et d’en ressortir vaincue, mes narines obstruées, mes cordes vocales enrayées et mes vêtements enfumés, je renonce.

Je renonce à certains tea-rooms dont j’appréciais jusqu’ici les excellentes pâtisseries mais dont la patronne préfère l’importance du chiffre d’affaires à la fraîcheur de la marchandise. Je renonce « aux petits bistrots si sympas et cools » dont l’écran de fumée cache mal la noirceur des poumons et la lassitude des serveurs. Je renonce aux restaurants dont les cendriers sur les tables sont autant de tentations pour des fumeurs qui s’essayent au repentir.

Les quelques mois sans fumée figurent désormais au rang des spécialités locales d’une république qui s’essouffle, qui tousse et qui a besoin d’air.

 

16:52 Publié dans Commerce | Lien permanent | Commentaires (1)