13/03/2009

Crise financière, crise alimentaire, crise écologique, crise de société…

J’avoue un énorme scepticisme à l’idée que nous pourrions sortir de la crise financière par le seul effet de la régulation des marchés financiers. La crise alimentaire, qui exacerbe la situation de quelques 900 millions de personnes affamées par année, ne pourra être jugulée par la seule augmentation de la production agricole. Les changements climatiques,  qui  produiront selon l’ONU quelques 50 millions de « migrants climatiques » dès 2010, ne pourront être combattus par les seules avancées technologiques. La crise qui nous secoue actuellement nous offre une magnifique opportunité de repenser notre mode de fonctionnement et de consommation. L’éthique doit revenir au centre de nos préoccupations. J’ai lu avec plaisir le dernier livre de Hervé Kempf « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (éditions du Seuil, 2009).qui souligne que si les démarches visant l’efficacité énergétique et la réduction de sa propre consommation matérielle sont essentielles, c’est bien la diminution matérielle globale qu’il faut rechercher. Et de proposer une politique sur 3 axes : la réduction des inégalités, l’introduction d’un système de prix qui intègre l’impact écologique des biens et le rationnement. Un livre vivifiant et tellement raisonnable, finalement !

10/03/2009

50 ans d'exil du Tibet

Alors que l’anniversaire des 50 ans du soulèvement des Tibétains contre l’Armée populaire de libération est le plus souvent tristement commémoré de par le monde, on est en droit de se demander si le Tibet n’est pas en train de disparaître. Pas le territoire bien sûr. Mais ses habitants, sa culture, sa dignité. Car ce à quoi on assiste depuis les années 90, c’est bien à la lente érosion de l’identité tibétaine, corollaire de la  colonisation militaire et sociale entreprise par la Chine.  Les historiens retiennent les mouvements de balancier opérés par la Chine : à la politique autoritaire de redistribution des terres lancée par Mao, succède une forme de politique de ré-conciliation avec les cadres initiée par Deng , à laquelle va s’opposer à son tour  la politique de répression des libertés religieuses et d’association de Jiang Zemin. Depuis mars 2008, la situation s’est exacerbée et l’étau s’est encore plus refermé. Les observateurs de l’ONU se sont vus refuser l’accès au pays.

De son côté, l’Agence Chine nouvelle fait feu de tout bois. Sur son site dédié aux droits de l’Homme au Tibet, elle n’hésite pas en ce jour anniversaire à parler de la « coexistence harmonieuse entre les ethnies tibétaines » et à préciser que « les effectifs de la police armée au Tibet sont à un niveau normal ». Elle précise aussi que « le Tibet accueille toujours les journalistes étrangers, mais ces derniers doivent travailler de manière juste et objective ». Un discours lénifiant que contredit la réalité, un langage de sinistre mémoire. Circulez, il n’y a rien à voir : les Tibétains sont heureux, la communauté internationale ne bronche pas et tout le reste n’est que le résultat des sabotages de la clique du dalaï lama et des forces occidentales antichinoises…

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