29/04/2009

Durban et Genève

 

Le nom de ces deux villes est désormais associé. La première a accueilli la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance  en septembre 2001 et un forum des ONG, dont certains excès calamiteux ont nourri la presse et les antagonismes. La deuxième  vient d’être l’hôte de la conférence d’examen de la mise en œuvre du Programme d'action des Nations Unies adopté à Durban.

Les mois qui ont précédé la conférence de Genève ont vu grandir les tensions, s’affronter les intérêts et les menaces dans un processus d’instrumentalisation politique qui n’a que peu laissé de place à la lucidité, à la raison et, finalement, au respect des victimes du racisme. A la peur des « débordements » a  répondu l’annonce des désistements de certains états. Les organisations intéressées, gouvernementales et non gouvernementales, ont fait feu de tout bois pour canaliser, voire prévenir l’expression  de certains ou simplement l’échec annoncé. Parlant d’un dossier que je connais à Genève, on a vu la CICAD (Coordination communautaire contre l’antisémitisme et la diffamation) traiter publiquement d’« irresponsable » la position de conseillers municipaux Verts de la Ville, qui, dans une motion déposée en juin 2008, avait invité le Conseil administratif à saisir l’occasion de cette conférence et de la présence d’experts dans ses murs pour organiser une/ des  manifestation/s permettant aux habitants de Genève et aux délégués de cette conférence d’échanger sur la problématique du racisme et les enjeux qui y ont trait.  « Un telle motion, étant pour la CICAD la « promesse de retour aux débordements antisémites de 2001 » !  Visiblement, ma pratique de l’arène internationale ne m’a été d’aucun secours face aux certitudes de la CICAD…

 

Après tous les contre-feux allumés, et les coups de théâtre qui se sont succédés dans une mise en scène savamment orchestrée, on en était venu à oublier la finalité d’une telle conférence. Notamment que Durban a produit en 2001 une déclaration sur le racisme, fruit de longues tractations des états et que la conférence de Genève n’avait pour objectif que l’examen de sa mise en oeuvre. Que le processus multilatéral sous l’égide de l’ONU restait la meilleure plateforme pour parler de tels enjeux. Que la « politique de la chaise vide » ne pouvait que laisser ouvert le champ aux invectives des intégristes de tout poil. Et enfin, que la lutte contre le racisme se gagne sur le terrain, inlassablement.

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