28/05/2009

J’ai retrouvé la tête de Calvin…

...quelque part surplombant le Doubs près des Brenets, un rocher long comme un jour sans pain…

4 jours de randonnée des Brenets à St Ursanne, le long du Doubs. Un paysage superbe d’où affleurent encore parfois des traces de l’industrieuse activité qui s’est développée le long de cette frontière naturelle. Moulins, forges, verreries y ont depuis le 15ème siècle imprimé le sol.

Le silence est revenu dans le Doubs avec la disparition de ces métiers. La rivière, elle, se rappelle à nous se transformant au gré des contraintes naturelles ou forcées, en « long  fleuve tranquille », en chutes bruyantes ou en capricieux cours, tortueux à souhait : le Doubs, c’est  90 km à vol d’oiseau entre sa source, le Risoux, et sa jonction avec la Saône et c’est 430 km de détours…

Des forêts à perte de vue, des rochers défiant les lois de l’équilibre (et le nôtre !), des myriades de chants d’oiseaux , la chaleur moite des couverts végétaux, l’odeur entêtante du bois coupé et 6 h de marche nous amènent à  « La Maison Monsieur ». Sur le trajet, je vous recommande une halte au Châtelot, chez Jacques, pour son accueil, sa soupe aux orties et ses oies de garde... Lieu qui fut de péage, « La Maison Monsieur » a vu défiler les réfugiés : royalistes fuyant la terreur en 1793, unité française en fuite en 1870 ou encore communards de 1871, dont le peintre Courbet. Pour l’heure, ce qui devait être notre premier refuge et la fin de la première étape, devient un lieu de repos transitoire, faute de chambre. Et nous voilà repartis pour « La Ferrière », quelques kilomètres de montée plus loin. La suée est vite oubliée : le point de vue de la roche Guillaume est à couper le souffle, plutôt ténu après cette grimpée…

La Ferrière ? Quelques fermes, un village  de 500 âmes, et un logis, La Licorne. On dit que La Licorne a abrité Jean-Jacques Rousseau en 1765, venu rencontrer en son lieu, Abraham Gagnebin, médecin, chirurgien, naturaliste, géologue et climatologue- excusez du peu-. La commune a vu transiter ou s’installer Suédois de la guerre de Trente Ans, Mennonites de l’Emmental et troupes napoléoniennes. Le logis est heureusement devenu un hôtel. Repos.

Le Doubs, que l’on rejoint après une abrupte descente sur Biaufond, via des échelles à flanc de montagne, poursuit ensuite un cours plus calme, étalé, au point que la vision d’un troupeau de vaches paissant sur une île au milieu de la rivière surprend à peine. L’idylle ne se rompt pas et les lieux où l’on rêve de poser son sac se succèdent. Au Theusseret, le Doubs chute encore entre les rochers mousseux. Plus nombreux, ou plus visibles, les pêcheurs traquent truites et aprons tandis que les auberges nous les apprêtent sous toutes les formes. Des Brenets à St Ursanne, via Goumois et Soubey, le Doubs nous balade et la truite nous nourrit.

11:48 Publié dans Nature | Lien permanent | Commentaires (1)

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La Ferrière ? Quelques fermes, un village de 500 âmes, et un logis, La Licorne. On dit que La Licorne a abrité Jean-Jacques Rousseau en 1765, venu rencontrer en son lieu, Abraham Gagnebin, médecin, chirurgien, naturaliste, géologue et climatologue- excusez du peu-. La commune a vu transiter ou s’installer Suédois de la guerre de Trente Ans, Mennonites de l’Emmental et troupes napoléoniennes. Le logis est heureusement devenu un hôtel et.... abrite...Marguerite Contat. C'est ça la crise et la misère des campagnes.

Écrit par : Anastase | 08/06/2009

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