28/06/2009

Qui a peur de la Constituante ?

C’est bien la question que certains sont en droit de se poser en cette fin de semaine riche en médiatisation. Pour rappel :

  • On a entendu le président de la Commission des Finances du Grand Conseil se départir de la réserve que je pensais imposée aux membres des commissions, pour confier ses humeurs à la presse et tout le bien qu’il pensait de la Constituante et de « ses extravagances » budgétaires…
  • On a vu la presse gloser sur le budget de cette Assemblée et reprendre en chœur les propos de ce même président, sans prendre la peine, pour nombre de journalistes, d’interroger les premiers concernés ou de publier le communiqué de presse de la Constituante.
  • On y a parlé « boutique » et ordinateurs, élevant le débat politique à un niveau de détails occultant toute discussion sur le fond.

 

On continue, par contre de passer sous silence les conditions surréalistes de l’installation de la Constituante, contrainte d’évoluer dans un environnement frileux,  voire sceptique. Disons-le : L’Etat, garant du processus de révision constitutionnelle et soucieux de préserver « l’indépendance de l’Assemblée » s’est abstenu d’organiser gîte et couvert convenables à un organe à la durée de vie limitée et au destin incertain. L’avenir nous dira ce que cette imprévoyance coûtera à la République. Le présent nous dit déjà le nombre d’heures que le Bureau de l’Assemblée a consacré en tâches administratives de tous ordres pour pallier cette « distance critique de l’Etat ».

 

On omet surtout de rappeler, dans ce débat sur l’adéquation des ressources financières et matérielles à la mission de la Constituante, que l’Assemblée ne peut s’écarter de la  loi constitutionnelle du 24 février 2008, élaborée par le Grand Conseil et acceptée largement par la population genevoise. Cette loi stipule précisément que l’Assemblée se constitue elle-même, dispose d’un secrétariat général, que ses membres ont droit aux mêmes indemnités que les députés du Grand Conseil et que le Grand Conseil vote annuellement les moyens nécessaires au fonctionnement de l’Assemblée…

 

Il n’y a pas lieu de revenir ici sur les choix des députés du Grand Conseil qui ont préféré, pour cette révision totale de la Constitution, la création d’une assemblée constituante de 80 élus à un mandat conféré à un groupe limité de juristes et décrété l’égalité de traitement entre députés et Constituants plutôt que l’octroi d’un crédit global permettant de financer l’ensemble du projet.

Il y a lieu par contre de s’étonner de l’attitude de ces mêmes députés, -dont les groupes sont tous représentés à la Constituante-, qui plutôt que d’œuvrer à la mission de la Constituante qu’ils ont initiée, s’évertuent à en déqualifier le travail. Mais il est vrai que la Constituante est une entité autonome, dont l’indépendance pourrait bien déplaire à certains. Après l’évaluation des tâches et des missions de l’Etat et des collectivités publiques, la Constituante devra proposer de nouvelles pistes et il n’est pas exclu que certaines institutions s’en trouveront durablement modifiées.

Commentaires

La triste vérité est que personne n'a peur de la constituante. Mal née, peu grandie, mal éduquée par les mauvaises habitudes de certains vieux cousins, cette petite n'aurait de toute façon que peu d'importance en regard du droit international et du droit européen. Elle ne servira donc qu'à recycler des politiciens de seconde zone, et à rassembler les oppositions qui la feront, in fine, échouer devant le peuple. Il est tristement révélateur que son plus grand inquisiteur soit un Pierre W. - à chacun les ennemis que l'on mérite.

Écrit par : caton | 28/06/2009

La Constituante est une entité tristement autonome, autonome en tout cas de la population.

Si les nouvelles pistes que suggérera la Constituante sont du niveau de nouveauté de l'administration lourde qu'elle entend créer à grands frais, nul doute, en effet, qu'elles ne déboucheront que sur un rejet de son projet par le peuple en 2012.

Écrit par : j.nizard | 29/06/2009

De nouveau un projet mal parti qui va durer trop longtemps pour délivrer très peu à un prix exhorbitant et cadenacé par des rancoeurs politiciennes qui amène rien de positif et de constructif.

Écrit par : demain | 29/06/2009

La constitutante est la plus grande assemblée de branleurs et de branleuses jamais réunie depuis très longtemps au bout du lac. Il suffit d'étudier les CVs des ténors de cette sinistre course d'écoles. Politiciens hasbeens, rescapés du CICR, mercières en goguettes, bref la république des loosers.

Écrit par : eusèbe | 29/06/2009

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