21/03/2011

Libye : l’action immédiate, ennemie de la démocratie

Depuis quand la guerre contribue-t-elle à l’instauration de la démocratie ? Ce qui se passe en Libye est parlant. A l’émotion, légitime, provoquée par les attaques gouvernementales sur la population libyenne, la communauté internationale répond par un acte de guerre. « Une très bonne première journée !! », pérore la France, après les bombardements qu’elle a menés. Un comble ! Comment peut-on se gargariser d’avoir tué des êtres humains ??? La population libyenne est désormais l’objet d’un conflit international avec les risques y relatifs: polarisation des positions, voire conflits entre tribus, enlisement, guérilla urbaine, instrumentalisation de la population civile (utilisée comme boucliers humains, affamée…), entrée en guerre d’autres parties extérieures etc…

«  Il fallait agir », nous dit-on. Je ne m’étendrai pas sur les raisons de la décision du Conseil de sécurité- que l’on peut imaginer téléguidée par les énormes enjeux énergétiques libyens. Je me demande si le recours aux instruments existants (négociations, pressions, embargos) a été vraiment envisagé et épuisé avant le recours à la force ?  Je me demande si ces instruments n’auraient pas été  susceptibles de produire plus de résultats avec moins de pertes humaines ? Je me demande simplement si la volonté d’action et de puissance des états ne finit pas par occulter le fait que la démocratie se conquière et ne s’impose pas. Je me demande enfin si les démonstrations guerrières de la coalition ne vont pas constituer un handicap majeur pour le processus de démocratisation en Libye ??