05/04/2011

Fukushima sur Léman ?

 

Le désastre de Fukushima a démontré une fois encore l'impréparation humaine face aux risques naturels et ce, en dépit des technologies sophistiquées mises en place. Le nucléaire est une énergie très dangereuse et il est temps d'en sortir. Voici un extrait de la proposition que Thomas Büchi (Radical ouverture) et moi-même (Verts Associatifs) avons déposé hier à l'Assemblée constituante

Après la catastrophe de Tschernobyl en avril 1986,  la Suisse et Genève se sont inquiétées des graves conséquences que notre pays aurait à subir en cas de contamination radioactive. 

Le peuple suisse, inquiet, a voté en 1990, un moratoire de 10 ans empêchant la construction de toute nouvelle centrale.  Entre temps, l'actualité s'est focalisée ailleurs, le danger a été quelque peu oublié et en 2003, le moratoire a malheureusement été levé par les citoyens helvétiques.

 La Suisse n'est pas à l'abri de catastrophes naturelles : inondations, tremblements de terre dont les conséquences peuvent être fatales et irrémédiables si surgissent des  problèmes de refroidissement ou de panne mécanique ou électronique sortant des schémas prévus. La présence de centrales nucléaires vieillissantes en Suisse et au voisinage de la Suisse (telle que Fessenheim, située sur une faille sismique), constitue une menace permanente qui pèse sur nos épaules pour des milliers d'années, ce qui est infiniment supérieur, en terme de durée, aux quarante années de production d'électricité planifiée pour une centrale.

On nous rabâche comme une bonne leçon apprise par cœur, que l'énergie nucléaire est la plus économique et la « plus propre ». C'est une escroquerie, d'autant plus grave que l'on n'a jamais pris en compte dans le calcul, les coûts environnementaux et humains liés à la chaîne nucléaire, de l'extraction de l'uranium au démantèlement des centrales, en passant par le contrôle des centrales désaffectées et de la gestion des déchets hautement radioactifs pour plusieurs milliers d'années. Certains de ces déchets sont mortels pour tout organisme vivant pour plus de 200000 ans. Ce qui signifie que le risque, dans la durée, est 5000 fois plus élevé que le temps de production ! C'est tout simplement criminel et irresponsable !

 Un accident grave au niveau suisse ou dans les pays européens proches signifie purement et simplement la ruine de notre pays et la fin de tout développement. Pour des siècles.

Nous refusons de continuer à courir de tels risques pour nous-mêmes et nos enfants. Genève doit montrer l'exemple en tant que carrefour des droits humains. 

Une solution alternative à l'énergie nucléaire existe, basée sur l'efficacité et la sobriété énergétiques et le recours aux énergies renouvelables.

 Le potentiel d'économie représente près d'un tiers de l'électricité consommée, notamment par des mesures telles que le remplacement des ampoules à incandescence par des LED (10 % de la consommation). Les appareils électriques en stand by qui consomment 15 % de la consommation d'électricité du pays doivent être remplacés par des appareils du type A. Les chauffages électriques doivent être interdits immédiatement, puisqu'ils représentent 12 à 45 % de la consommation nationale. Couplées avec des mesures incitatives et des obligations réglementaires, ces propositions d'économie  constitueront, à court et moyen terme, une très bonne affaire pour le consommateur et pour l'industrie.

 Genève vient de se distinguer des autres cantons par l'introduction dans l'avant projet de Constitution d'un article ré-ouvrant le champ nucléaire et renversant le fardeau de la preuve.  C'était avant Fukushima. Certains tenants de cette proposition arguent aujourd'hui du manque de recul et de la nécessité d'analyser ce qui s'est passé à Fukushima pour justifier encore le maintien d'un tel article...

Afin de marquer notre détermination à l'encontre d'une telle position et contribuer concrètement à la dénucléarisation de notre planète, nous proposons que les principes de l'article 160E de la Constitution actuelle soient réintroduits  dans la nouvelle ConstitutionArt160E.doc.