16/10/2011

Et si on parlait "éthique"?

 

Le 16 octobre est la journée mondiale de l'Alimentation. Occasion de se rappeler que près d'un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim en ce début du 21ème siècle. C'est tout simplement scandaleux ! Surtout lorsque l'on sait qu'il n'y a pas de pénurie d'aliments, mais qu'une inéquitable répartition de ces ressources. En cause : les politiques agricoles, l'accaparement des terres en Asie, Afrique et Amérique latine, la course aux agro-carburants et la spéculation sur les denrées alimentaires.

La dramatique situation de 2008 n'a pas suffi et la spéculation sur les denrées alimentaires est repartie de plus belle en 2011. Alors que la Corne de l'Afrique subit de plein fouet les conséquences de son déficit de production et des lois du commerce international, il y a lieu de se poser la question de l'éthique de telles pratiques : Est-il moral de considérer les denrées alimentaires comme de simples produits spéculatifs, une marchandise comme une autre ? Est- il juste de stocker ces produits de première nécessité, voire de stopper l'approvisionnement du marché en période de pénurie, en attendant le moment favorable pour la vente ? La soif du lucre justifie-t-elle l'indifférence totale aux milliers d'êtres humains en situation de malnutrition ? La réponse est évidemment non.

« L'arrivée récente d'investisseurs institutionnels sur les marchés à terme des produits alimentaires et les sommes d'argent considérables qui sont en jeu pourraient également être des facteurs d'instabilité », nous dit, pudiquement, Jacques Diouf, le directeur de la FAO. Il serait temps que la Suisse et Genève, qui abrite un tiers du négoce mondial des céréales et oléagineux, s'engagent fermement en faveur de la régulation des pratiques inéquitables des entreprises de négoce et de la transparence des échanges, dont la grande majorité des opérations se déroulent dans une totale opacité. On ne peut à la fois se parer de la vertu du commerce équitable pour les pays du Sud et ignorer les pratiques iniques menées sur son propre territoire.

Commentaires

Tout ca est vrai. Mais il y a une autre raison pour la faim: l'explosion demographique. En 1960 on etait 3 milliard sur Terre, et maintenant nous sommes 7 milliards! En Niger, par exemple, ou plus de 60% de la population depend de l'aide etrangere pour s'alimenter, la population a double dans 20 ans. Il y a une organisation qui s'occupe de ce probleme: Population Matters (ou Optimum Population Trust).
Meilleures salutations, Corvert

Écrit par : corvert | 24/10/2011

Merci pour votre commentaire. J'y ajouterai que le changement des modes de consommation ("on mange plus et plus de viande") est aussi l'une des causes. Et quand l'on sait qu'il faut plus de 8 kg de grains pour produire 1 kg de boeuf, on peut sans peine en voir les conséquences !

Écrit par : Maggi | 24/10/2011

Si vous voulez parler ethique en connaissance de cause et non pudiquement comme semble le faire Jacques Diouf je vous conseille la lecture de U.N. a cosa nostra sur Amazon.com qui decrit les details de la gestion de la FAO par Mr. Diouf... A bon entendeur...

Écrit par : Keija | 29/10/2011

Pour résumer :

D'un côté se trouve le producteur et de l'autre le consommateur. Entre deux gambadent allègrement des parasites nuisibles qu'on nomme des "traders" ou en français : spéculateurs.

Ils achètent à des prix indécents pour les producteurs et revendent à des prix indécents pour les consommateurs.

N'appelle-t-on pas ça du grand banditisme ? Alors qu'est-ce qu'on attend pour les arrêter ?

Écrit par : Androide | 13/11/2011

Un cercle vicieux égoïste...

Écrit par : Voyage-net | 15/11/2011

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