10/12/2012

Tibet, 10 décembre 2012

Un curieux anniversaire, ce 10 décembre, qui célèbre chaque année l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme et des peuples à travers la sinistre comptabilité des violations dont elle est l’objet : disparitions forcées, tortures, répression des manifestations, assimilation culturelle, destruction de l’environnement …

Le Tibet est devenu l’un des « emblèmes » de ces violations, l’emblème d’un peuple bafoué, brimé, humilié et violé, soumis à  la politique d’un gouvernement d’occupation dont les visées économiques et sociales sont incompatibles avec le respect des droits du peuple tibétain. La détérioration de la situation est telle désormais que les actes désespérés d’auto-immolation se sont multipliés : 92 personnes ont choisi ce mode ultime d’expression dont 75 ont trouvé la mort depuis 2008.

Ces faits et ces chiffres interpellent toute la communauté internationale. Ils posent la question de notre responsabilité et celle des Nations Unies  face à la situation au Tibet. L’acte de s’immoler par le feu, de sacrifier sa vie pour obtenir la liberté, est un symbole fort. Le nombre de personnes qui y ont eu recours depuis 2008 dépasse désormais l’expression de quelques situations individuelles isolées.

Depuis 1949, le peuple tibétain n’a eu de cesse de rappeler pacifiquement la légitimité de son existence et la nécessité de mettre en œuvre les résolutions des Nations Unies sur le Tibet de 1959, 1961 et 1965.  Il n’a guère été entendu.

Le 10 décembre offre l'occasion aux gouvernements de faire le bilan de leurs engagements en matière de droits humains. Ces obligations dépassent désormais  le seul cadre de l’Etat : l’impact des atteintes à l’environnement au Tibet se fait ressentir à l’échelle mondiale, les tortures infligées à un individu au Sechuan sont universellement relayées : ce qui touche un individu et son environnement là-bas nous affecte ici, et vice versa. Dans cette perspective,  le silence des gouvernements face aux violations est synonyme de déni de réalité autant que de complicité avec ceux-là même qui répriment.