08/10/2008

RAAC..ons ensemble

RAAC..ons ensemble

 

Quel beau signal est envoyé à la Constituante ! A partir de l'électrochoc du transfert de charges du canton à la Ville, et pendant plus d'une année, des artistes, politiques et élus se sont parlés, se sont entendus et ont travaillé ensemble pour circonscrire le champ et les enjeux de la culture à Genève. La 1ère étape des Assises culturelles s'est terminée le 6 octobre. Pour avoir participé à quelques réunions du RAAC, y compris au grand raout du printemps 2008, j'avoue avoir été motivée tant par la démarche que par l'investissement consenti par les divers partenaires, en particulier le milieu artistique. Les thématiques sont ardues et les occasions de s'emporter n'ont pas manqué. Quelques pistes intéressantes sont désormais proposées, voire ont fait l'objet d'une consensus: sur le plan de la gouvernance, le rôle primordial des communes, le rôle de coordination de l'état, voire la compétence principale en ce qui concerne les grandes institutions et l'intégration de la culture dans le projet de région. Le financement, nerf de la culture, est un autre enjeu de taille: on l'a dit et redit, Genève est sans doute la ville la plus généreuse, avec un budget culturel de plus de 200 millions par année, soit le 1/5 du budget total de la Ville. Parallèlement, les participants ont pu constater le déséquilibre flagrant entre l'investissement du canton et celui de la Ville en faveur de la culture, mais aussi le décalage entre les communes. Faut-il proposer une autre clef de répartition ? Et sur quelle base ? La culture de proximité aux communes ? La culture méga à l'état, avec un fonds intercommunal ? La Ville est-elle prête à abandonner « ses » grandes institutions ? Autre thème délicat, la sécurité sociale des artistes a fait l'objet de débats animés. On touche là à la place de l'artiste dans la société et à son rôle. La précarité du statut, l'intermittence des contrats et le fort taux de chômage ont été relevés. Dans la mesure où l'on reconnaît le rôle essentiel à la vie et au tissu social de l'artiste, ne devrait-on pas lui accorder une forme de reconnaissance matérielle, de sécurité sociale ? La proposition du groupe de travail -un projet pilote de 4 ans mené par Genève et d'autres cantons intéressés-, est une piste intéressante, qui mérite d'être prolongée. Enfin, qui dit culture, dit espaces. Avec la disparition de certains squats (Rhino) et de lieux tels qu'Artamis, ceux-ci commencent à manquer. Et la réponse ne sera certainement pas dans le botellon !...

Besoin de respiration, de lieux d'échanges et de création, besoin d'indépendance aussi à l'encontre des pouvoirs publics et du business: les relations entre le donateur, public et privé, le créateur et le consommateur demeurent ambigües et cette ambigüité continuera d'imprégner les débats à venir.

 

10:36 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)