13/03/2009

Crise financière, crise alimentaire, crise écologique, crise de société…

J’avoue un énorme scepticisme à l’idée que nous pourrions sortir de la crise financière par le seul effet de la régulation des marchés financiers. La crise alimentaire, qui exacerbe la situation de quelques 900 millions de personnes affamées par année, ne pourra être jugulée par la seule augmentation de la production agricole. Les changements climatiques,  qui  produiront selon l’ONU quelques 50 millions de « migrants climatiques » dès 2010, ne pourront être combattus par les seules avancées technologiques. La crise qui nous secoue actuellement nous offre une magnifique opportunité de repenser notre mode de fonctionnement et de consommation. L’éthique doit revenir au centre de nos préoccupations. J’ai lu avec plaisir le dernier livre de Hervé Kempf « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (éditions du Seuil, 2009).qui souligne que si les démarches visant l’efficacité énergétique et la réduction de sa propre consommation matérielle sont essentielles, c’est bien la diminution matérielle globale qu’il faut rechercher. Et de proposer une politique sur 3 axes : la réduction des inégalités, l’introduction d’un système de prix qui intègre l’impact écologique des biens et le rationnement. Un livre vivifiant et tellement raisonnable, finalement !

25/02/2009

Des chiffres qui laissent songeur…

 

6 m2 par habitant, 1 arbre pour 100 habitants  : ce sont les chiffres donnés hier soir par le magistrat Pagani aux habitants des Pâquis pour illustrer le quartier….Des chiffres qui symbolisent bien un quartier de plus en confiné, voire ratatiné au milieu des axes de circulation. Les végétaux sont rares, les passants nombreux tandis que les voitures occupent l’espace public sur des axes qui devaient être des rues de desserte et qui ne sont rien moins que des routes de transit.

La pollution bat des records (le quartier le plus pollué de Genève) tout comme le bruit . En 2016, la Ville sera confrontée à l’application stricte des normes OPair et OPB, après des années de tolérance confédérale. Soit le quartier parvient à réduire drastiquement sa circulation, soit les contribuables passeront à la caisse. Plus grave encore : la pollution et l’insécurité générées par le trafic automobile constituent un véritable problème de santé publique. J’ai participé à plusieurs reprises aux côtés des associations à des séances organisées par le service de la mobilité de la Ville. Des années de discussion, au mieux de concertation, ont débouché sur quelques fermetures de rue, principalement aux alentours des écoles. En caricaturant, je dirai que d’un côté se trouve la gente automobiliste, plus percluse d’habitude que de certitude, et de l’autre, la gente « mobilité douce », piétons et vélos qui se jaugent ou s’ignorent au gré des jours. Les perspectives de « cœur piétonnier », composé de deux poches piétonnes, restent bien modestes au regard des enjeux qui attendent les habitants. Je me surprends parfois à rêver d’audace et d’un projet d’aménagement pour ce quartier qui soit plus que la somme des multiples grignotages et mesurettes mis bout à bout, mais une carte de visite de la convivialité et de l'écologie....

07/02/2009

Vous êtes stressés ?

Et vous ne partez pas en vacances de neige  et vous souhaitez qunad même passer une semaine "qui vous change" ? vous ne voulez pas mourir idiot ? Vous ne voulez pas de tigre ni d’agrocarburants dans votre moteur ?

Alors, venez assister à la conférence de Devinder Sharma. Cet agronome et journaliste indien de renommée internationale vous parlera de la ruée sur les terres en Inde, de l’introduction du coton génétiquement modifié et des conséquences désastreuses du boom des agrocarburants sur les populations indiennes. Ce qui est vrai pour l’Inde l’est aussi pour nombre de pays du Sud…..Et cette situation ne peut nous laisser indifférents.

Cette conférence a lieu à Genève à l’occasion du lancement de la campagne de Swissaid sur les agrocarburants.

 

Mardi  10 février de 19h à 21h

A la Maison des Associations, rue des Savoises

(Conférence en anglais avec traduction simultanée)

 

Voir aussi sous www.swissaid.ch

 

A bientôt !

14/10/2008

Agrocarburants: coup d'accélérateur ?

Différentes sources médiatiques nous informent que les « biocarburants » seront bientôt évalués sur la base de critères internationaux, élaborés à partir d'une analyse complète, « du puits au réservoir ». En proposant la création de tels standards, à laquelle vont participer des représentants des secteurs publics, privés et associations environnementales, l'EPFL a sans doute donné un coup d'accélérateur au débat. L'objectif est d'arriver à un consensus sur l'impact de cette énergie sur le plan de la durabilité. Très bien. Nous en prenons note avec satisfaction -tout ce qui peut contribuer à rendre le monde un peu plus lisible est bienvenu- mais non sans une certaine circonspection. L'urgence de parvenir à mettre tout le monde d'accord risque fort d'occulter certaines réalités et de passer sous silence les légitimes revendications des populations concernées.

Dans le cadre de tables rondes organisées par Swissaid, j'ai eu l'occasion de rencontrer des membres d'associations de pays où les agrocarburants sont implantés et de lire nombre de témoignages: en Indonésie, comme au Mali ou en Inde, les populations locales ne bénéficient pas de cette production, mais au contraire perdent souvent leurs moyens de subsistance. Les exemples colombien, où la production d'huile de palme se fait au détriment de la culture du manioc ou du riz ou indien, où les autorités donnent des terres aux entreprises pour produire le jatropha (« la noix miracle »), sont parlants. Ces terrains, même arides, ne sont évidemment pas vides: des éleveurs y vivent, des plantes médicinales y sont récoltées et des oléagineux y sont cultivés. Bref, on ne part pas de zéro et les conséquences de tels changements sont lourdes pour les populations locales et leur environnement. Souvent peu armés pour faire face aux géants pétroliers, de l'agroalimentaire ou de la biotechnologie, qui investissent massivement, les paysans sont condamnés à se résigner, voire à disparaître. Dans le cadre de la crise alimentaire mondiale, la Banque Mondiale estime à 30 % la part de la demande des agrocarburants dans la hausse des prix. Et selon Joachim von Braun,Directeur de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), plus de 100 millions de tonnes de céréales ont été utilisées en 2007 pour produire des agrocarburants !

En l'état actuel, les technologies ne permettent donc pas de produire les agrocarburants de manière durable et rentable: les agrocarburants, censés freiner le réchauffement climatique, sont actuellement en directe concurrence avec la production alimentaire sans compter les dégâts importants sur les écosystèmes (déboisement, défrichage...).

Dans ce cadre, il reste à espérer que le travail de l'EPFL se fasse de façon suffisamment indépendante et participative pour parvenir à une certification crédible. Les rapports de force actuels hélas ne militent pas dans ce sens....En attendant, une politique responsable signifie le refus de l'importation d'agrocarburants industriels des pays du Sud.

 

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09/09/2008

Le "trou noir" ou comment y échapper...

A la veille des premiers essais du LHC ou "Grand Collisionneur de hadrons", je m'interroge sur la capacité de l'être humain à imaginer les pires et plus lointains scénarii, comme le trou noir, alors qu'une menace, autrement plus sérieuse et inquiétante, est en cours, le changement climatique...

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16/08/2008

GENEVE CONTRE NATURE...

« ... Les bords de l'Inde doivent être plus fertiles que ceux du lac Léman. Vous devez avoir des ananas, et je n'ai que des pêches; mais il faut que chacun fasse son propre bonheur dans le climat où le ciel l'a placé » Voltaire, lettre à M. Pilavoine du 25 septembre (1758)

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