26/09/2008

Prison de Bagram : enfin un peu de normalité pour les détenus et leur famille…

Bagram est en Afghanistan, un "haut lieu" de détention des USA. Pour la première fois, les familles pourront rendre visite à leur proche détenu dans cette prison. C'est ce que vient d'annoncer le CICR le 23 septembre, et qui me réjouit le coeur.  Les délégués de l'organisation, qui est active en Afghanistan depuis 1979, visitent les détenus de Bagram depuis 2002. L'une de leurs tâches traditionnelles est de rétablir et de maintenir le contact entre les détenus et leur famille. Comment rendre possible ce contact lorsque les visites des familles sont interdites ou impossibles compte tenu de la distance séparant le détenu de sa famille ? Le message "Croix-Rouge", rempli par le détenu et remis à sa famille par la Société nationale de Croix-Rouge ou Croissant- Rouge ou le CICR, en est un moyen. Et il a été largement utilisé dans ce contexte. Entre janvier et mai 2008, ce n'est pas moins de 7100 messages qui ont été collectés et 6100 distribués par le Croissant- Rouge afghan, dont la grande majorité ont été échangés entre des détenus et leur famille…

 

Au début de l'année, le CICR a innové et a mis en place un programme de liaison vidéo qui a permis aux familles et aux détenus de se voir et de se parler directement. 1500 liaisons ont été établies en quelques mois.

 

Désormais, les familles soutenues par le CICR, pourront durant une heure, voir leur proche en personne. Un peu d'espoir pour ces familles et une étape de plus vers la normalité ?...

 

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18/09/2008

Privatisation de la guerre: un premier accord

17 pays, parmi lesquels l'Afghanistan, les Etats-Unis, l'Irak, le Royaume Uni ou l'Afrique du Sud s'accordent pour accroître le contrôle des compagnies militaires et de sécurité privées. Réunis sous l'égide du gouvernement suisse et du CICR, les experts de ces pays ont adopté le 17 septembre une série de recommandations. Celles –ci réaffirment que les contractants militaires et de sécurité qui opèrent dans des zones de conflit doivent assumer une responsabilité particulière et sont redevables de tout comportement illicite.

 

 

Parce qu'il contient des mesures très pratiques, notamment le contrôle et la formation du personnel de ces compagnies ou des procédures disciplinaires internes en cas de non respect, ce document est important. Il est rappelé qu'en cas de violations graves, l'état concerné -qui engage une compagnie privée, qui offre le cadre à ses opérations ou qui l'héberge- doit poursuivre les auteurs en justice.

 

 

On me dira que ce document n'est pas contraignant. N'empêche. La protection des personnes dans un conflit est souvent le résultat d'un long processus, mêlant réaffirmation du droit, négociation politique et ténacité des délégués du CICR et des ONGs. L'Irak ou l'Afghanistan sont des exemples parlants de la lente dérive vers une privatisation de la guerre. L'équation est simple: d'anciens militaires, qui ont connu les conflits des Balkans ou de  Sierra Leone d'un côté, et des ressources stratégiques très attractives, dans un état si possible faible ou affaibli, de l'autre. On y rajoute les besoins des pays en matières premières, la loi immortelle du "qui veut la fin, veut les moyens" et la passivité, voire la complicité de certains gouvernements. On assiste ainsi depuis le début des années nonante à la recrudescence de ces compagnies qui se comportent en maître et seigneur. Je me souviens, jeune déléguée, avoir rencontré des représentants de ces groupes, "mercenaires" peu scrupuleux, voire sans foi ni loi, présents en Angola ou en Afrique de l'Ouest. Désormais bien organisée l'externalisation de la guerre a fait des émules et fragilisé encore plus la situation des civils. Qui est responsable de quoi ? qui est coupable de quoi ? C'est à ces questions que cette initiative contribue aussi à répondre, en rappelant les obligations existantes des états et la manière d'y souscrire. Plus généralement, cet accord permettra de conforter un peu plus dans leurs démarches les délégués du CICR et d'assurer un peu plus de protection aux civils.

 

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