06/10/2008

Touche pas à mon quartier !....

Place de la Navigation, journée de stand électoral et jour de marché. Il fait froid et le temps ne se prête guère à la conversation. Les gens qui défilent sont pressés mais plutôt attentifs. Je suis à nouveau frappée par la diversité de la population pâquisarde, entre artistes de jour et belles de nuit, ménagères, garçons livreurs, écoliers, militants. On tape des pieds, resserre les rangs, se réchauffe les mains. « Je vous ai apporté du thé, vous devez avoir froid ! ». Souriante, la gérante d'un petit café est venue nous retrouver sur la place avec théière et petits biscuits. Mes petits camarades de militantisme sont esbaudis et moi avec. Cette femme « étrangère », réfugiée en Suisse d'un pays du Moyen-Orient, nous réchauffe tout de go, avec son geste magnifique. L'élégance du coeur, ça ne trompe pas. Plus tard, bien plus tard, alors que la fermeture des bistrots s'annonce, on va encore écluser un godet dans un autre échoppe des Pâquis. Le patron se confie: les affaires ne sont plus aussi bonnes et puis, l'interdiction de fumer n'a pas arrangé les choses. Il poursuit en mentionnant la concurrence, les « dépanneurs » entre autres et puis la multiplication des bistrots depuis la suppression de la clause de besoin. Et de nous offrir une tournée de bières...

Les Pâquis, ça vit la journée et vibre la nuit. Ce n'est pas toujours évident entre le bruit, les incivilités et parfois les violences, de ne pas en sortir un peu cabossé. « Le lisse », je n'aime pas, il est vrai. Tout comme les milliers de personnes qui se côtoient, se jaugent et s'interpellent chaque jour dans ce bout de territoire d'humanité. Sans angélisme, avec nos moments de raz-le-bol, on y tient à ce quartier  dont on sait la vulnérabilité.

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29/09/2008

"La Rue est à vous" est-elle vraiment à tous et à toutes ?

 

Chapeau aux organisateurs de cette fête conviviale aux Pâquis. Le temps aidant et grâce au grand travail des « petites mains », ce fut une réussite et comme chaque année, je me dis qu'il fait bon vivre à Genève et aux Pâquis. J'ai pu constater que les très nombreux « étrangers », frontaliers et fonctionnaires internationaux, qui ont parcouru les rues y ont goûté avec plaisir. L'atmosphère relaxe et la bonhomie des agents municipaux y ont aussi contribué. Et puis, chapeau aussi à la voirie qui a nettoyé les rues aussitôt la fête achevée...

J'ai lu avec intérêt divers échanges sur la question des stands interdits de la «  Rue est à vous ». D'après mes informations, ce ne sont pas tellement les organisateurs que les conseillers administratifs de la Ville qui en sont à l'origine. La non-politisation de la fête a été l'un des arguments avancés. Ceci m'a fait beaucoup réfléchir. Qu'est-ce qui est politique et qu'est-ce qui ne l'est pas ? A-t- on d'un côté les partis politiques coupables de tous les maux et de l'autre les citoyens et les associations qui en sont dépourvus ? La politisation de la fête est-elle due à la participation des partis ? Le cas échéant, la politisation doit-elle être bannie ? Et si l'on considérait la citoyenneté dans son acception d'origine, on pourrait même considérer les représentants des partis politiques comme des citoyens....Ou bien ? J'ironise quelque peu, mais à peine. La convivialité est le résultat de la mixité sociale et politique et de la diversité des expressions citoyennes. Cette année, « la Rue » n'a pas été aux partis politiques et c'est dommage...

 

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