18/03/2012

L'eau cotée en bourse

 

Et c’est là bien là  le paradoxe : L’eau est à la fois source de vie et de performance, un droit fondamental et une marchandise comme une autre…

Après Marseille qui a vu les représentants de quelques 120 états s’engager à accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement, c’est au tour de Genève , haut lieu des droits de l’homme , d’en débattre.

Les enjeux sont majeurs, entre tenants d’une gestion publique de l’eau, dont la Suisse est le modèle performant, et les partisans de la complémentarité des partenariats privé /public.

Les faits sont là, têtus : Près de 1 milliard d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable et plus de 2,6 milliards de personnes ne disposent pas d’installations sanitaires dignes de ce nom. Encore faudrait- il inclure les millions de personnes vivant dans des  informels et échappant à toute statistique. Si des progrès ont pu être observés dans les zones rurales, la situation dans les villes a peu évolué alors que le mouvement global d'urbanisation se poursuit.  Les causes de cette situation sont à rechercher dans la pauvreté et les inégalités exacerbées par les défis sociaux et environnementaux comme l’exclusion dont font l’objet les plus pauvres ou encore  le changement climatique.

Les relations entre le secteur public et le secteur privé sont aussi centrales : alors que nombre d’états du sud semblent renoncer à leur droit régalien sur l’eau, on assiste au phénomène inverse en France notamment où plusieurs municipalités, dont Toulouse et Paris, se sont réappropriées la gestion des eaux.

Toutes ces questions seront abordées et bien d’autres encore dans 2 tables rondes publiques par des  experts, académiques, praticiens, représentants des collectivités publiques , élus et opérateurs privés .

Quand et où ? : mardi 20 mars à 19h UNIMAIL MR070 et mercredi 21 mars à 20h UNIMAIL, MR060         Eau.SWG.pdf

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10/07/2011

Une Suisse transparente, mais si peu vertueuse....

 

En tout cas, en matière d'exportations d'armes légères et de petit calibre. Le tout récent rapport « Small Arms Survey 2011 », du programme de recherche indépendant basé à Genève, se révèle une mine (sic) d'informations sur le sujet.  On y découvre une Suisse à la fois au top du Baromètre de la transparence d'informations et au 5ème rang des principaux pays exportateurs, après les USA, l'Italie, l'Allemagne et le Brésil. Le ticket d'entrée pour appartenir à ce cercle ? des  exportations annuelles totalisant au moins 100 millions USD !.  Pas de quoi pavoiser, donc, d'autant que la compensation entre les deux performances n'est pas possible...

 

D'autres informations du Rapport devraient aussi interroger les politiques quand on lit que plus de 20 millions de personnes travaillent dans le monde pour une compagnie de sécurité, soit près du double des effectifs de police...  Et la Suisse ? en 2009, pour 16.000 personnel de police, elle employait quelques13.075 personnel de compagnies privées, soit un ratio de 0,82%. Sans être dans le viseur (re-sic), elle devrait quand même se poser quelques questions sur la signification de ces chiffres. Sur les coûts financier, humain et social de cette privatisation de la force publique et la nécessité d'une règlementation rapide des entreprises de sécurité privées établies sur le territoire suisse. ( Voir aussi : www.smallarmssurvey.org.)

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29/04/2009

Durban et Genève

 

Le nom de ces deux villes est désormais associé. La première a accueilli la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance  en septembre 2001 et un forum des ONG, dont certains excès calamiteux ont nourri la presse et les antagonismes. La deuxième  vient d’être l’hôte de la conférence d’examen de la mise en œuvre du Programme d'action des Nations Unies adopté à Durban.

Les mois qui ont précédé la conférence de Genève ont vu grandir les tensions, s’affronter les intérêts et les menaces dans un processus d’instrumentalisation politique qui n’a que peu laissé de place à la lucidité, à la raison et, finalement, au respect des victimes du racisme. A la peur des « débordements » a  répondu l’annonce des désistements de certains états. Les organisations intéressées, gouvernementales et non gouvernementales, ont fait feu de tout bois pour canaliser, voire prévenir l’expression  de certains ou simplement l’échec annoncé. Parlant d’un dossier que je connais à Genève, on a vu la CICAD (Coordination communautaire contre l’antisémitisme et la diffamation) traiter publiquement d’« irresponsable » la position de conseillers municipaux Verts de la Ville, qui, dans une motion déposée en juin 2008, avait invité le Conseil administratif à saisir l’occasion de cette conférence et de la présence d’experts dans ses murs pour organiser une/ des  manifestation/s permettant aux habitants de Genève et aux délégués de cette conférence d’échanger sur la problématique du racisme et les enjeux qui y ont trait.  « Un telle motion, étant pour la CICAD la « promesse de retour aux débordements antisémites de 2001 » !  Visiblement, ma pratique de l’arène internationale ne m’a été d’aucun secours face aux certitudes de la CICAD…

 

Après tous les contre-feux allumés, et les coups de théâtre qui se sont succédés dans une mise en scène savamment orchestrée, on en était venu à oublier la finalité d’une telle conférence. Notamment que Durban a produit en 2001 une déclaration sur le racisme, fruit de longues tractations des états et que la conférence de Genève n’avait pour objectif que l’examen de sa mise en oeuvre. Que le processus multilatéral sous l’égide de l’ONU restait la meilleure plateforme pour parler de tels enjeux. Que la « politique de la chaise vide » ne pouvait que laisser ouvert le champ aux invectives des intégristes de tout poil. Et enfin, que la lutte contre le racisme se gagne sur le terrain, inlassablement.

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10/03/2009

50 ans d'exil du Tibet

Alors que l’anniversaire des 50 ans du soulèvement des Tibétains contre l’Armée populaire de libération est le plus souvent tristement commémoré de par le monde, on est en droit de se demander si le Tibet n’est pas en train de disparaître. Pas le territoire bien sûr. Mais ses habitants, sa culture, sa dignité. Car ce à quoi on assiste depuis les années 90, c’est bien à la lente érosion de l’identité tibétaine, corollaire de la  colonisation militaire et sociale entreprise par la Chine.  Les historiens retiennent les mouvements de balancier opérés par la Chine : à la politique autoritaire de redistribution des terres lancée par Mao, succède une forme de politique de ré-conciliation avec les cadres initiée par Deng , à laquelle va s’opposer à son tour  la politique de répression des libertés religieuses et d’association de Jiang Zemin. Depuis mars 2008, la situation s’est exacerbée et l’étau s’est encore plus refermé. Les observateurs de l’ONU se sont vus refuser l’accès au pays.

De son côté, l’Agence Chine nouvelle fait feu de tout bois. Sur son site dédié aux droits de l’Homme au Tibet, elle n’hésite pas en ce jour anniversaire à parler de la « coexistence harmonieuse entre les ethnies tibétaines » et à préciser que « les effectifs de la police armée au Tibet sont à un niveau normal ». Elle précise aussi que « le Tibet accueille toujours les journalistes étrangers, mais ces derniers doivent travailler de manière juste et objective ». Un discours lénifiant que contredit la réalité, un langage de sinistre mémoire. Circulez, il n’y a rien à voir : les Tibétains sont heureux, la communauté internationale ne bronche pas et tout le reste n’est que le résultat des sabotages de la clique du dalaï lama et des forces occidentales antichinoises…

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15/02/2009

Une immolation par le feu à la Place des Nations

Cette information reprise par les media nous rappelle brutalement la violence de la situation au Sri Lanka. C’est un acte désespéré, le geste de quelqu’un qui n’a plus rien à donner si ce n’est son corps en sacrifice. Il a choisi Genève, devant le Palais des Nations, comme un ultime rappel de la responsabilité des Etats, dont la Suisse et des Nations Unies dans le drame sri-lankais. Ce drame me renvoie en 2002 alors que la trêve entre Tigres tamouls et l’Armée sri lankaise prévalait  et que je m’étais rendue pour le CICR à Jaffna pour une mission en faveur des personnes déplacées par le conflit. J’avais rencontré beaucoup de monde, qui, le temps aidant, se surprenait à commencer à rêver que le cessez-le feu allait durer. Des démineurs étaient présents à Jaffna qui étaient en train de nettoyer de grosses étendues de terrains de leurs sanglantes mines. Les personnes déplacées commençaient à rentrer et le CICR, présent depuis 1989, jouait son rôle d’intermédiaire neutre, permettant chaque jour à des centaines de personnes de franchir sans danger le passage entre les zones contrôlées par le gouvernement et celles en mains des Tigres (LTTE). Une atmosphère d’espoir prudent s’était installé. Mais depuis 2006, les combats ont repris, particulièrement violents depuis quelques mois dans le Vanni. Des milliers de morts, de blessés, de personnes déplacées, des bombardements d’hôpitaux et des civils pris au piège. « Les combats entre les forces du gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ne faiblissent pas. La grande majorité des civils sont déplacés et confinés dans une zone dont la surface diminue de jour en jour…. » précise le CICR. Ce dernier, actif sur tous les fronts, n’a de cesse de rappeler aux parties au conflit leurs obligations à l’égard des civils…

 Ce conflit dure depuis plus de 25 ans. L’espoir ténu qui permettait encore à certains de survivre a disparu. Malgré la violence qui y sévit, le Sri Lanka figure dans la rubrique des « conflits oubliés ». Puisse le suicide du discret Tamoul de la Place des Nations contribuer à réveiller les consciences !

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19/09/2008

Surveiller, contrôler et rapporter : bientôt la norme ?





La Grande-Bretagne l'a promue, le Grand Conseil bernois l'a acceptée, Genève l'a intégrée et même le parti socialiste y songe: la vidéo-surveillance s'installe dans la pratique et dans les esprits. Cyclope, le bien nommé projet genevois, scrute 33 lieux répertoriés alors que plus de 120 caméras observent déjà les chalands de la Ville. Souriez, vous êtes filmés: à l'Horloge Fleurie ou au 25, rue du Stand, à la maison Tavel ou au musée Ariana, elles tournent. Le débat public sur l'efficacité de la vidéo-surveillance, les coûts et les risques qu'elle engendre n'a pas eu lieu, mais les autorités, voire certains partis ont choisi de devancer les inquiétudes de la population, au nom de la sécurité, nous dit-on.

Surveiller, contrôler et rapporter, telles sont aussi les instructions appliquées à la lettre par les taupes d'une compagnie de sécurité chargées d'infiltrer des associations de militants, dont la presse s'est faite l'écho. Abus de confiance, violation de la sphère privée, atteinte illicite à la personnalité et à l'honneur: les chefs d'accusation évoqués à l'encontre de la compagnie de sécurité ne doivent pas faire oublier que cette dernière a été activée dans une période de paranoïa grandement favorisée par les autorités et qu'elle s'est engouffrée dans un vide juridique. L'aversion que de tels procédés suscite est à la hauteur de l'inquiétude provoquée par les dérives sécuritaires.

Dans un cas comme dans l'autre, les libertés individuelles sont atteintes et le législateur cantonal est appelé à la rescousse pour pallier les déficiences normatives et entériner une politique du fait accompli. Ceci est très inquiétant. Dans un cas comme dans l'autre, on s'attaque à l'autorité de l'état et aux représentants de la force publique. Dans un cas comme dans l'autre, en réduisant l'être humain à la portion congrue de surveillant de caméras ou d'espion de pacotille, on favorise l'aveuglement plutôt que l'intelligence, la menace et la suspicion plutôt que la solidarité, la régression sociale plutôt que le développement. Ceci ne doit pas être la norme.




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31/08/2008

Pâquis: Et si l'on parlait des établissements publics ?



Intéressante réunion que celle qui a rassemblé dans une même ferveur habitants, parents, commerçants, représentants des associations et de la force publique le mardi 26 août.

La réunion a été sollicitée par les associations du quartier, notamment les commerçants et l'association des habitants  SURVAP, dans une lettre du 5 juin 2008. Les habitants et usagers des Pâquis ont décrit les nuisances quotidiennes (bruit, saleté, stationnement sauvage) et la petite criminalité qu'ils ont vécue ou dont ils ont entendu parler. Un flot nourri de constats et de ressentis.

En face, le commandant Cudré-Mauroux a rappelé d'entrée de cause qu'il dispose de 760 gendarmes pour 450.000 habitants, soit un peu moins de personnel que lors de sa prise de fonction, il y a 20 ans. Et de constater, par les statistiques, l'augmentation des réquisitions (voir TdG du 27 août). Et de s'engager à renforcer temporairement les effectifs dans le quartier et à refaire le point dans un mois avec les habitants. Et d'appeler à plus de concierges dans les immeubles et finalement à la résistance des habitants. Très bien.

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22:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)